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LE TRIBUNAL.

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où, sur le rapport d’une commission , le traité présenté serait mis endiscussion. Ce rappel au règlement empêcha le tumulte d’éclater àl’instant même, et une commission lut immédiatement nommée.

Celte manifestation accrut l cmotion qui régnait dans les grandscorps de l’Étal, et irrita davantage le premier consul. Les manifesta-tions, par le moyen des élections de personnes, continuèrent. Il y avaitplusieurs places à remplir au sénat. Une était vacante par la mort dusénateur Classons; deux autres étaient à remplir en vertu de la consti-intion. Celte constitution, comme on doit s’en souvenir, n’avait d’abordpourvu qu’à soixante places de sénateurs, sur les quatre-vingts quiformaient le nombre total du sénat. Pour arriver à ce nombre, on devaiten nommer deux par an, pendant dix ans. C’étaient donc trois placésà donner dans le moment, en comptant celle qui devenait vacantepar la mort du sénateur Crassous. D’après la constitution, le premierconsul, le corps législatif et le tribunal présentaient chacun un candidat,et le sénat choisissait ensuite entre les candidats présentés.

On commença les scrutins pour cet objet, soit au corps législatif,soit au Iribunat. Au tribunal, l’opposition portait M. Daunou , quis'était publiquement brouillé avec le premier consul, à l’occasion destribunaux spéciaux, tant discutés à la session dernière. Il n’avait plusvoulu reparaître au tribunal, disant qu’il resterait étranger à tous lestravaux législatifs, tant que durerait la tyrannie. En effet, il avaittenu parole, et on ne l'avait plus aperçu. Les opposants avaient doncchoisi M. Daunou, comme le candidat le plus désagréable au premierconsul. Les partisans décidés du gouvernement, dans le même corps,portaient l’un des auteurs du code civil, M. IJigot de Préameneu. Nil’un ni l’autre ne l'emporta. La majorité des voix se réunit sur uncandidat sans signification, le tribun Desmeuniers, personnage mo-déré, et qui, par ses relations, n’était pas étranger au premier consul.Mais le corps législatif se prononça plus nettement, et nomma l’abbéGrégoire pour son candidat au sénat. Ce choix, après la présidencedéférée à M. Dupuis, était un redoublement de manifestation contre leconcordat. M. Bigot de Préameneu avait eu dans ce corps un certainnombre de voix, les deux cinquièmes à peu près.

Le premier consul voulut faire de son côté une proposition signi-ficative. Il aurait pu attendre que les deux corps, chargés de présenterdes candidats concurremment avec le pouvoir exécutif, eussent choisi cescandidats pour les deux places qui restaient à remplir. Il était probable

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