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LIVRE XIII.
que le corps législatif et le Iribunat, ne voulant pas rompre définiti-vement avec un gouvernement aussi populaire que celui du premierconsul, livrés d'ailleurs à ce mouvement oscillatoire des assemblées ,qui reculent toujours le lendemain quand clics se sont trop avancées laveille , feraient des choix moins tranchés, et adopteraient même pourles deux candidatures restantes, des noms acceptables par le gouverne-ment. Ainsi M. Desmeuniers, par exemple, était un choix que le pre-mier consul pouvait parfaitement admettre, car il avait promis de lerécompenser de ses services par une place de sénaleur. Il était probableque le nom de M. Bigot de Préameneu sortirait de l'un des scrutins, ducorps législatif ou du tribunat. Le premier consul aurait pu alorsprésenter pour son compte ceux des candidats adoptés par ces assembléesipui lui auraient convenu le mieux, et dans ce cas, un nom présentépar deux autorités sur trois, avait la presque certitude detre accueillipar la majorité du sénat. Le consul Cambacérès conseillait cette con-duite; mais c'était là un genre de ménagements dont on fait beaucoupusage dans le gouvernement représentatif, et qui répugnait souverai-nement au premier consul. Le général-magistrat, étranger à cetteforme de gouvernement, ne voulait pas se mettre ainsi à la suite ducorps législatif ou du tribunat, et attendre leurs préférences pourmanifester les siennes. En conséquence il présenta immédiatement,non pas un candidat, mais trois à la fois, et il choisit trois généraux.Malgré les espérances données antérieurement à M. Desmeuniers, lepremier consul, mécontent de lui, parce qu’il ne s'était pas prononcéassez haut dans les discussions déjà engagées sur le code civil, l'écarta,et présenta les généraux Jourdan, Lamartillière et Berruyer. Il est vraique ces généraux étaient parfaitement choisis pour la circonstance. Legénéral Jourdan avait paru contraire au 18 brumaire, mais il jouissaitdu respect universel, il se conduisait avec sagesse, et avait reçu depuisle gouvernement du Piémont . En le présentant au sénat, le premierconsul faisait preuve de la véritable impartialité qui convient à un chefde gouvernement. Quant au général Lamartillière, c’était le plus ancienofficier de l'artillerie, et il avait fait toutes les campagnes de la révo-lution. Le général Berruyer était un officier d'infanterie, très-âgé, qui,après avoir pris part à la guerre de sept ans, venait d'être blessé dansles armées de la république. Ce n’étaient donc pas des créatures à luique le général Bonaparte proposait de récompenser, mais de vieuxserviteurs de la France , sous tous les régimes. Cette conduite tière et