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LE TltlBONAT.

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faire entendre qu elles venaient du premier consul. « Fournissez-cnla preuve positive, » lui avait-on répondu. Il avait alors provoquéune déclaration à M. Fleuricu, qui était le conseiller d’État chargé desoutenir le projet. Celui-ci, après avoir pris les ordres du premierconsul, envoya la déclaration désirée, en la faisant suivre de beaucoupde rectitiealions, que le rapport, de M. Costaz rendait indispensables,et qui ranimèrent le débat. M. Ginguené le termina par une proposi-tion épigrammatique et peu séante. Reconnaissant qu’il était difficilepour un mot déplaisant de rejeter un traité de paix, il demandad’émettre un vole motivé en ces termes : « Par amour pour la paix,

« le tribunal adopte le traité conclu avec la cour de Russie . »

M. deGirardin, qui était un des membres les plus raisonnables etles plus spirituels du tribunal, fit repousser toutes ces propositions, etdécida l'assemblée à passer immédiatement aux voix. Après tout, lamajorité du tribunal voulait, par scs choix de personnes, donner aupremier consul des signes de mécontentement; elle ne désirait pasentrer en lutte, surtout à propos d'un traité dont le rejet lui auraitvalu l’animadversion publique. Il fut adopté par 77 voix contre 14.L’adoption au corps législatif cul lieu sans tumulte, grâce à la forme del'institution.

Cette scène fit dans Paris un effet pénible. On ne considérait pas lepremier consul comme un ministre exposé à perdre la majorité, et onne craignait pas pour son existence politique. On le considérait commecent fois plus nécessaire qu’un roi ne le paraît dans une monarchie bienétablie. Mais on voyait avec chagrin la moindre apparence de nou-veaux troubles, et les amis d’une sage liberté se demandaient comment,avec un caractère semblable à celui du général Ronaparte, comment,avec une constitution dans laquelle on avait négligé d’admettre le pou-voir de dissolution, une telle lutte pourrait finir, si elle sc prolon-geait.

Fin effet; si la dissolution eût été possible, la difficulté eût été bien-tôt résolue, car la France convoquée n’cùt pas réélu un seul des adver-saires du gouvernement. Mais, obligés »le vivre ensemble jusqu’aurenouvellement par cinquième, les pouvoirs étaient exposés, commesous le directoire, à quelque violence des uns à l’égard des autres ;et si pareille chose avait lieu, ce n’était évidemment ni le tribunat nile corps législatif qui pouvaient l’emporter. Il suffisait d-un acte de lavolonté du premier consul pour mettre au néant et la constitution et