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l.E TRIBUNAT.

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avons eu la plus grande peine à nous meltre d'accord ; comment yparvenir, dans une assemblée cinq ou six fois plus nombreuse, et quidiscute sans bonne foi ? Gomment rédiger un code tout entier, dans depareilles conditions? J'ai lu le discours de Portalis au corps législatif,en réponse aux orateurs du tribunat : il ne leur a rien laissé à dire.U leur a arraché les dents. Mais quelque éloquent qu’on soit, par-lât-on vingt-quatre heures de suite, on ne peut rien contre une as-semblée prévenue, qui est résolue à ne rien entendre. »

Après ces plaintes, exprimées en un langage vif et amer, le premierconsul demanda l’avis du conseil d État sur la meilleure manière de s’yprendre pour assurer l’adoption du code civil par le tribunat et lecorps législatif. Le sujet n'était pas nouveau dans le conseil d’Etat. Ouy avait déjà prévu la difficulté, et proposé divers moyens pour larésoudre. Les uns avaient imaginé de ne présenter que des principesgénéraux, sur lesquels le corps législatif voterait, sauf à donner ensuiteles développements par la voie réglementaire. C"était peu admissible,car on comprend difficilement les principes généraux dos lois, et lesdéveloppements rédigés séparément. Les autres proposaient un planplus simple : c’était de présenter le code entier en une seule fois. Onn’aurait pas, disait-on, plus de peine pour les trois livres du code,qu’on en avait, pour un seul. Les tribuns s’acharneraient sur les pre-miers titres, puis se fatigueraient, et laisseraient aller le reste. Ladiscussion se trouverait ainsi réduite par son immensité même. Cetteconduite était la plus plausible et la plus sage. Malheureusement, pourqu elle put réussir, il manquait bien des conditions. On n’avait pasalors la faculté d’amender les propositions du gouvernement, ce quipermet ces petits sacrifices, au moyen desquels on satisfait la vanité desuns, on désarme les scrupules des autres , en améliorant les lois. Ilmanquait aussi aux opposants un peu de cette bonne foi sans laquelletoute discussion grave est impossible ; et enfin il manquait au premie-consul lui-même cette patience constitutionnelle, que l’habitude de lacontradiction inspire aux hommes façonnés au gouvernement repré-sentatif. Il n’admettait pas que le bien sincèrement voulu, et laboricurseinent préparé, pût être différé ou gâté, pour plaire à ce qu’il appelaitdes bavards.

Quelques esprits tranchants allèrent jusqu’à proposer de présenterle code civil comme on présentait les traités, avec une loi d’acceptationà côté, et de le faire voter ainsi en bloc, par oui ou par non. Cette