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façon de faire était trop dictatoriale, cl on n’y songea pas sérieu-sement.

Sur lavis des membres les plus éclairés, Tronchel notamment, ouconclut qu’il fallait attendre <]uel serait le sort des deux autres titresprésentés au tribunal. « Oui, dit le premier consul, nous pouvonsrisquer encore deux batailles. Si nous les gagnons, nous continueronsla marche commencée. Si nous les perdons, nous entrerons dans nosquartiers d hiver, et nous aviserons au parti à prendre. »

Ce plan de conduite fut adopté, et on attendit l’issue des deux dis-cussions. L'opinion commençait à se prononcer fortement contre le tri-bunal. Aussi les meneurs imaginèrent-ils un moyen, pour tempérerreliet de leurs rejets successifs, ce fut de les entremêler d’une adop-tion. Le litre relatif à la tenue des actes de l'état civil leur plaisaitfort en lui-même, parce qu’il consacrait plus rigoureusement encoreles principes de la révolution à l’égard du clergé, en lui interdisantabsolument l'enregistrement des naissances, des morts et des mariages,pour les attribuer exclusivement aux officiers municipaux. Ce titre,présenté par le conseiller d’État Thibaudeau, était excellent, ce qui nel’aurait pas sauvé s’il n’eùt contenu des dispositions contraires auclergé. On se décida donc à l'adopter. Mais dans l’ordre de présenta-tion il ne devait venir que le troisième. On le fit passer le second, eton le vola sans difficulté, pour rendre plus certain le rejet du litrerelatif à la jouissance et à la privation des droits civils. Ce dernier,mis en discussion à son tour, fut repoussé à une majorité immensepar le tribunat. Le rejet par le corps législatif n’était pas douteux. Lasérie des difficultés prévues reparaissait donc tout entière. Ces diffi-cultés devaient être bien plus graves quand il s’agirait des lois sur lemariage, sur le divorce, sur la puissance paternelle. Quant au concor-dat, et au projet relatif à l’instruction publique, il n’y avait évidem-ment aucune chance de réussir à les faire adopter.

Mais ce qui acheva de pousser les choses à l’extrême, ce fut un nou-veau scrutin sur les personnes, qui prit à l'égard du premier consul lecaractère d’une hostilité tout à fait directe. On avait déjà fait prévaloirle choix de l’abbé Grégoire comme sénateur, contrairement aux pro-positions du gouvernement, et pour donner un signe d’improbation àsa politique religieuse. Restaient, comme on vient de le voir, deuxplaces à remplir, et on voulait non-seulement quelles fussent rempliesd’une manière contraire aux propositions déjà connues du premier