LE TBIBUXAT.
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consul en faveur de trois généraux, mais on tenait aussi à faire le choixqui lui serait le plus désagréable. Ce choix était celui de M. Daunou.On s’efforça donc d'obtenir la présentation de M. Daunou par les deuxautorités législatives à la fois, c'est-à-dire par le tribunal et le corpslégislatif, ce qui rendait sa nomination par le sénat presque inévitable.
On lit les démarches les plus actives, et on sollicita les votes avecune hardiesse, qui avait lieu d étonner, en présence d'une autorité aussiredoutée que celle du premier consul.
M. Daunou fut ballotté au corps législatif avec le général Lamai.tillière, candidat du gouvernement. Il y eut des scrutins réitérés. EnfinM. Daunou obtint 135 voix et le général Lamartillière 122. Il futproclamé candidat du corps législatif, pour une des places \acanlesausénat. Au tribunal, M. Daunou eut encore pour concurrent le généralLamartillière. Il obtint. 48 voix, le général Lamartillière 39 ; il futproclamé candidat. Il avait donc deux présentations pour une. Cescrutin avait lieu le 1" janvier 1802 (11 nivôse), jour même du rejetdu titre du code civil, sur la jouissance et la privation des droitscivils.
D’après les règles ordinaires du régime représentatif, on aurait dûdire que la majorité était perdue. Mais, dans ce cas, celui qui auraitdû se retirer était le premier consul, vu qu'il était tout dans l'admira-tion de la France , comme dans la haine de ses ennemis. Cependantpersonne n’avait la prétention de l'exclure, parce que personne n'enavait le moyen. C’était donc une vraie tracasserie, indigne d’hommessérieux. C'était du dépit le plus puéril et le plus dangereux en mêmetemps, car on poussait à bout un caractère violent, plein du sentimentde sa force, et capable de tout. Le consul Cambacérès , lui-même, ordi-nairement fort modéré, voyant là un véritable désordre, dit qu'on nepouvait pas tolérer des hostilités aussi directes, et que, pour lui, il nerépondait plus de réussir à ealmer le premier consul. En effet la colèrede celui-ci était au comble, et il annonça hautement la résolution debriser les obstacles qu’on cherchait à opposer à tout le bien qu’il vou-lait faire.
Le lendemain, 2 jamier (12 nivôse), était le jour de la décade oùil donnait audience aux sénateurs. Il en vint beaucoup, même de ceuxqui avaient agi contre lui. Ils venaient, les uns par curiosité, les autrespar faiblesse, et pour désavouer par leur présence leur participation àce qui se passait. M. Sieyès se trouvait au nombre des visiteurs. Le