LE TRIBUNAT.
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contre les autres, le libre jeu des institutions constitutionnelles étaitimpossible! Pour sortir des mains des révolutionnaires irréfléchis, onserait tombé dans les mains des royalistes malintentionnés. Mais entout cas, la dissolution n'était pas dans les lois ; il fallait trouver unautre moyen.
Le premier consul voulait retirer le code civil, laisser chômer lecorps législatif et le tribunat, ne plus rien présenter que les lois definances; et puis, quand il aurait bien fait sentir à la France que cescorps étaient l’unique cause de l’interruption apportée aux travauxbienfaisants du gouvernement, saisir une occasion de briser les instru-ments incommodes que la constitution lui imposait. Mais le consulCambacérès , l'homme aux expédients habiles , trouva des moyens plusdoux, d’une légalité très-soutenable, et d’ailleurs les seuls praticablesdans le moment. Il dissuada le général son collègue de toute mesureillégale et violente. « Vous pouvez tout, lui dit-il ; on souffrirait toutde votre part. On a bien permis au directoire de faire ce qu’il a voulu,au directoire qui n'avait pour lui ni votre gloire , ni votre ascendantmoral, ni vos immenses succès militaires et politiques. Mais le coupd’Etat du 18 fructidor, tout nécessaire qu’il était, a perdu le directoire.Il a rendu la constitution directoriale si méprisable, que personne nel’a plus prise au sérieux. La nôtre est bien meilleure. En ayant l’airde s’en servir, on peut faire le bien avec elle. Ne la livrons donc pasau mépris public, en la violant au premier obstacle quelle nous pré-sente. » Le consul Cambacérès admit qu’il fallait retirer le code civil,interrompre la session, mettre les corps délibérants en vacance et fairepeser sur eux, comme un grave sujet de reproche, l’inaction forcée àlaquelle le gouvernement allait être réduit. Mais celte inaction étaitune impasse , et il fallait en sortir. M. Cambacérès en trouva le moyendans l’article 38 de la constitution, ainsi conçu : Ze premier remit•>cellement du corps législatif et du tr ibunat n aura lieu que dans lecours de l'an X.
On était en l’an X (1801-1802). On pouvait très-bien choisir telleépoque de l’annee qu’on voudrait pour faire ce renouvellement. Onpouvait, par exemple, y procéder dans le courant de l’hiver, en plu-viôse ou ventôse ; renvoyer alors un cinquième du tribunat et du corpslégislalif, ce qui faisait vingt membres pour le tribunat, soixante pourle corps législatif; exclure ainsi les plus hostiles , les remplacer pardes gens sages et paisibles, et ouvrir une session extraordinaire ait