LE TRIBUNAT.
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La raison la plus sérieuse, c’est qu’on se tirait d'embarras sans violerostensiblement la constitution. Le premier consul déclara qu’il admet*Irait ce plan, ou tout autre, pourvu qu’on le délivrât des hommes quil’empêchaient de faire le bien de la France . M. Cambacérès acceptale soin de rédiger un mémoire sur ce sujet. On libella le message quidevait annoncer au corps législatif que le code civil était retiré. Cefut le général Bonaparte qui se chargea de le libeller lui-même, dansun style noble et sévère.
Déjà l’on commençait à craindre les éclats de sa colère ; on disaitqu’on allait en voir une manifestation prochaine. Le lendemain de lascène faite aux sénateurs, le 3 janvier (13 nivôse), un message futenvoyé au président du corps législatif. Il fut lu au milieu d’un silence*profond, et qui décelait une sorte de terreur. Ce message était ainsiconçu :
« Législateurs,
» Le gouvernement a résolu de retirer les projets de loi du codecivil
» C’est avec peine qu’il se trouve obligé de remettre à une autre» époque les lois attendues avec tant d’intérêt par la nation •, mais il» s’est convaincu que le temps n’est pas venu où l’on portera dans» ces grandes discussions le calme et l’unité d’intention qu’elles» demandent. »
Cette sévérité méritée produisit le plus grand effet. Tous les gou-vernements ne peuvent pas et ne doivent pas parler un tel langage ; ce-pendant il faut le leur permettre quand ils ont raison, et qu’ils ontdispensé à un pays une immense gloire, d’immenses bienfaits, payéspar une opposition inconsidérée.
Le corps législatif, frappé de ce coup, tomba aux pieds du gouver-nement d’une manière peu honorable. On demanda , séance tenante ,à passer au scrutin pour la présentation d’un candidat à la troisième etdernière place vacante au sénat. Le croirait-on ? les mêmes hommesqui s’étaient prétés avec tant de malveillance à présenter MM. Grégoireet Daunou , votèrent à l’instant même pour le général Lamartillière.Il obtint 233 suffrages sur 252 votants. On ne pouvait pas serendre plus promptement aux désirs du premier consul. En consé-quence , le général Lamartillière fut déclaré le candidat du corps lé-gislatif.
Cette présentation fournit un expédient au sénat pour satisfaire le