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228 LIVRE XIII-

fait oublier son crime. Il faut une flétrissure indélébile de la main dubourreau, qui ne permette plus aux complaisants que la richesse en-traîne toujours après elle, de s’asseoira la table du faussaire enrichi.Cette proposition avait rencontré les mêmes difficultés que le code ci-vil. On la relira, et il ne resta plus rien en délibération: car les loisrelatives à l’instruction publique, au rétablissement des cultes, n'a-vaient pas même été présentées. Quant aux lois de finances, on les ré-servait pour servir de prétexte à une session extraordinaire au prin-temps. On laissa donc cette espèce de parlement, non dissous, nonprorogé, oisif, inutile, embarrassé de son inaction, et portant auxyeux de la France la responsabilité d’une interruption complète dansles bons et utiles travaux du gouvernement.

Il fut convenu que pendant l’absence du premier consul, M. Cam-bacérès, qui avait un art particulier pour manier le sénat, se chargeraitde faire interpréter comme on le voulait l'article 38 de la constitution,et qu’il veillerait lui-même à l’exclusion des vingt et des soixantemembres, qu'il s’agissait de faire sortir du tribunal et du corps lé-gislatif.

Avant de partir, le premier consul avait eu à s’occuper de deuxaffaires importantes, l’expédition de Saint-Domingue , et le congrèsd'Amiens . La seconde le retenait au delà du terme fixé pour son départ.

L’ambition des possessions lointaines était une vieille ambition fran-çaise, que le règne de Louis XVI , très-favorable à la marine, avaitréveillée, et que de grands revers maritimes n’avaient pas encore dé-couragée. Les colonies étaient alors un sujet d’ardente convoitise de lapart de toutes les nations commerçantes. L’expédition d’Égypte ,imaginée pour disputer aux Anglais l’empire de l'Inde , était une con-séquence de ce penchant général, et sa mauvaise issue avait rendutrès-vif le désir d’un dédommagement. Le premier consul en préparaitdeux, la Louisiane et Saint-Domingue. Il avait donné la Toscane , cettebelle et précieuse partie de l'Italie, à la cour d'Espagne , pour obtenirla Louisiane en échange ; et il exigeait en ce moment l’exécution del’engagement pris par cette cour. Il était en même temps résolu de re-couvrer l’ile de Saint-Domingue. Celte île était, avant la révolution, lapremière, la plus importante des Antilles , et la plus enviée des coloniesà sucre et à café. Elle fournissait à nos ports et à notre marine lamatière du plus grand commerce. Les imprudences de l’assembléeconstituante avaient induit les esclaves à se révolter, et amené les