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IE TIUBUNAT.

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horreurs si Iristement mémorables, par lesquelles la liberté des noirsavait signalé son apparition dans le monde. Un nègre , doué d'unvéritable génie, Toussaint Louvcrlurc, avait fait à Saint-Domingue quelque chose de semblable à ce que faisait le premier consul en France .Il avait dompté, gouverné cette population révoltée, et rétabli uneespèce d'ordre. Grâce à lui on n'égorgeait plus à Saint-Domingue , eton commençait à y travailler. Il avait imaginé une constitution qu’ilavait soumise au premier consul, et il montrait pour la métropole unesorte d'attachement national. Ce nègre avait pour l'Angleterre un pro-fond éloignement ; il demandait à être libre, et Français . Le premierconsul avait d’abord admis cet état de choses; mais bientôt il avaitconçu des doutes sur la fidélité de Toussaint Louverture , et, sans vou-loir ramener les nègres à l'esclavage, il songeait à profiter de l'armisticemaritime, résultant des préliminaires de Londres , pour expédier àSaint-Domingue une escadre et une armée. Le premier consul avait,à l'égard des noirs, le projet de maintenir la situation que les événe-ments avaient amenée. 11 voulait, dans toutes les colonies où la révolten’avait pas pénétré, maintenir l’esclavage, sauf à l’adoucir, et à Saint-Domingue souffrir une liberté devenue indomptable. Mais il prétendaitassurer la domination de la métropole dans cette dernière île, cl pourcela y avoir une armée. Soit que les noirs restés libres devinssent dessujets infidèles, soit que les Anglais recommençassent la guerre, il avaitl'intention, en respectant la liberté des noirs, de rendre leurs pro-priétés aux anciens colons, qui remplissaient Paris de leur misère, deleurs plaintes, de leurs imprécations contre le gouvernement de Tous-saint Louverture . Une considérable partie des noblesfrançais, déjà privésde leurs biens en France par la révolution, étaient en même temps colonsde Saint-Domingue , et dépouillés des riches habitations qu'ils avaientjadis possédées dans cette île. On ne voulait pas leur rendre leurs biens enFrance , devenus biens nationaux ; mais on pouvait leur rendre leurssucreries, leurs caféiries à Saint-Domingue , et c’était un dédommage-ment qui semblait pouvoir les satisfaire. Ce furent là les motifs très-divers qui agirent sur la détermination du premier consul. Recouvrerla plus grande de nos colonies, la tenir non pas de la douteuse fidélitéd'un noir devenu dictateur, mais de la force des armes ; la possédersolidement contre les noirs et les Anglais ; rendre aux anciens colonsleurs propriétés, cultivées par des mains libres ; joindre enfin à celtereines des Antilles les bouches du Mississipi, en acquérant la Louisiane ,