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L1VKK XIII.

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telles furent les combinaisons du premier consul, combinaisons regret-tables , comme on le verra bientôt, mais commandées, pour ainsidire, par une disposition des esprits, qui était générale en France àcette époque./

Il importait de se hâter, car, bien que la paix définitive, négociée ence moment dans le congrès d'Amiens , fût à peu près certaine, il fallait,à tout événement, si les Anglais faisaient surgir des prétentions nou-velles et inadmissibles, il fallait profiter des quelques mois pendantlesquels la mer allait être ouverte, pour envoyer une flotte. Le premierconsul fit préparer à Flessingue, Brest, Nantes, Rocheforl et Cadix , unimmense armement, composé de vingt-six vaisseaux de ligne, cl devingt frégates capables de porter vingt mille hommes. Il donna lecommandement de l’escadre à l’amiral Villarel-Joyeusc, et le com-mandement des troupes au général Leclerc, l’un des bons officiers del’année du Rhin , devenu le mari de sa sœur Pauline. Il exigea quecette sœur accompagnât son mari. Il avait pour elle une tendresseextrême : il envoyait donc là ce qu'il avait de plus cher, et ne voulaitpas, comme le dirent depuis les partis, déporter dans un pays fiévreuxet mortel les soldats et les généraux de l’armée du Rhin qui lui fai-saient ombrage. Une autre circonstance prouve l'intention qui le diri-gea dans la composition du corps envoyé à Saint-Domingue . Comme lapaix semblait devoir être générale, et dès lors solide, les militairescraignaient de n’avoir plus de carrière. Un très-grand nombre deman-daient à-faire partie de l’expédition, et ce fut une faveur qu’on fut obligéde distribuer entre eux, avec une sorte de justice et d’égalité. Le braveRichepanse, ce héros de l’armée d'Allemagne , fut donné comme lieu-tenant au général Leclerc.

Le premier consul apporta dans ces préparatifs sa célérité accou-tumée; et il pressa, tant qu’il put, le départ de ces divisions navales,répandues depuis la Hollande jusqu'à l’extrémitc méridionale de laPéninsule. Cependant, avant qu’elles missent à la voile, on fut obligéde s'en expliquer avec les ministres anglais , que ce vaste armementoffusquait beaucoup. On eut quelque peine à les rassurer, bien qu’enréalité ils désirassent l’expédition. Ils n’étaient pas alors aussi ardentspour l'affranchissement des nègres, que les ministres britanniques ontparu lctre depuis. Le spectacle de la liberté des noirs, à Saint-Do-mingue, les effrayait pour leurs colonies, surtout pour la Jamaïque .Ils souhaitaient donc le succès de notre entreprise ; mais la grandeur