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LE TRIBUNAT. 23 J

naires, c’est-à-dire la cession de Ceylan, avant de savoir comment laHollande serait traitée relativement à la restitution de ses flottespassées en Angleterre, relativement aux indemnités qu’on prétendaitexiger pour le slatliouder dépossédé , relativement enfin à certainesquestions de limites avec la France. Joseph Bonaparte eut ordre denotifier à M. Schimmclpenninck, qu’il ne serait reçu au congrès qu’àla condition de reconnaître préalablement les préliminaires de Londres ,comme base de la négociation. Lord Cornwallis s’étant contenté decette forme, le congrès se trouva constitué.

Cependant les Anglais auraient voulu y introduire le Portugal , sousle prétexte que c’était un allié de l’Angleterre. Le motif secret étaitd’obtenir l'exemption, pour la cour de Lisbonne , de la contribution devingt millions , qui lui avait été imposée par une condition du traitéde Madrid. Le premier consul s’y refusa, en déclarant que la paix dela France avec le Portugal était faite, et n’était plus à faire. Cetteprétention écartée, le congrès se mit à l'œuvre, et on fut bientôt d’ac-cord sur les bases.

Pour éviter des difficultés incalculables, on convint de repoussertoute demande.en dehors des préliminaires : Rien de plus, rien de•moins que les articles de Londres , fut la maxime réciproquementadmise. Les Anglais avaient, en effet, remis en discussion l’abandonpar la France de l’ilc de Tabago. Le premier consul, de son côté,avait demandé une extension de territoire dans la région de Terre-Neuve, pour améliorer les pêcheries françaises. De part et d’autre onavait repoussé une telle prétention, et, pour en finir, on était convenude ne rien réclamer au delà des concessions contenues dans le traitédes préliminaires. Autrement c’était mettre la paix en question, enfaisant renaître des difficultés heureusement résolues. Ce principeadopté, il restait à préciser par la rédaction les stipulations de Londres .

Deux points importants étaient à résoudre : le payement des fraispour les prisonniers, et le régime à imposer à lile de Malte.

L’Angleterre avait eu à nourrir beaucoup plus de prisonniers français que la France de prisonniers anglais , cl elle réclamait le rembourse-ment de la différence. La France répondait que le principe généralementreconnu était que chaque nation nourrît les prisonniers quelle avaitfaits; que, si on voulait le principe contraire, la France avait à de-mander un remboursement pour les Russes , les Bavarois, et autressoldats aux gages de l’Angleterre, qu’elle avait pris et entretenus ; que

il.