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les combattants soldés par l'Angleterre devaient figurer au nombre desprisonniers quelle avait le devoir d’entretenir. Du reste, ajoutait leplénipotentiaire français , c’était là une pure question d’argent, à viderpar le moyen de commissaires liquidateurs.
Quant à Malte, la question était plus sérieuse. Les Anglais et lesFrançais étaient à cet égard pleins de défiance. Ils semblaient entrevoirl'avenir, et craignaient que 1 île ne repassât, unjour, au pouvoir de l'uneou de l’autre puissance. Le premier consul, par un singulier instinct,proposait de détruire les établissements militaires de Malte de fond encomble, de ne laisser subsister que la ville démantelée, d’y créer ungrand lazaret neutre, commun à toutes les nations, et de con-vertir l’ordre en un ordre hospitalier, qui n’aurait plus aucune forcemilitaire.
Les Anglais n’étaient pas rassurés par cette proposition. Ils disaientque le rocher était tellement fort, que, même dépourvu des fortifica-tions accumulées par les chevaliers, il serait un point encore très-redou-table. Ils alléguaient la résistance de la population maltaise à toutedestruction de ses belles forteresses, et proposaient la reconstitution del'ordre sur des bases nouvelles et plus solides. Ils voulaient y laisserune langue française , moyennant qu’on y instituât une langue anglaiseet une langue maltaise, celle-ci accordée à la population de l’ile, pourlui donner part à son gouvernement ; ils voulaient que ce nouvel éta-blissement fût placé sous la garantie d’une grande puissance, la Russie ,par exemple. Les Anglais espéraient qu’avec les langues anglaise etmaltaise , qui leur seraient dévouées, ils auraient un pied dans file,et em-pêcheraient les Français d’y rentrer.
Le premier consul insista pour la destruction des fortifications,disant que l’ordre était aujourd’hui fort difficile à reconstituer ; quedéjà la Bavière s’était emparée de ses propriétés en Allemagne ; quel’Espagne depuis rétablissement de la protection russe sur Malte ,songeait à en faire autant, et à prendre les biens qui étaient situés chezelle; que l’institution de chevaliers protestants serait une raison déter-minante à ses yeux ; que le pape, déjà fort contraire à tout ce qu’onDisait à l’égard de l’ordre, ne consentirait à aucun prix aux nouveauxarrangements, et que la France enfin ne pouvait fournir une languefrançaise , vu que ses lois actuelles n’admettaient plus en aucune façonle rétablissement d’une institution nobiliaire. Il accordait bien, si ony tenait, le rétablissement de l’ordre de Malte, sur ses anciennes bases,