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LIVRE XIII.

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avait assez de ces filles de la république française, qu’il n’en fallait pasune de plus, et proposait une principauté ou une monarchie, commecelle d'Étrurie , qu’on donnerait à quelque prince, ami et dépendant dela France . Il n’aurait pas été éloigné d’accorder cet Etat à un princede la maison d’Autriche, au grand-duc de Toscane , par exemple,qu'on devait indemniser en Allemagne , si on ne l’indemnisait pas enItalie. Celte combinaison, infiniment agréable pour l’Autriche , l’auraitfort attachée à la paix. Elle eût satisfait également les puissances aile’mandes, qui auraient eu par ce moyen un copartageant de moins àdédommager avec les terres des princes ecclésiastiques. Elle aurait plu'■Surtout au pape, qui espérait qu’on lui rendrait les légations, lorsqu’onne serait plus lié par les promesses faites à la Cisalpine . Cette combi-naison, en un mot, était du goût de tout le monde en Europe ; car ellesupprimait une république, laissait un territoire de plus à répartir,cl plaçait un État de moins sous la domination directe de la républiquefrançaise.

C’était assurément une raison de grand poids que celle de rendrenotre grandeur plus supportable à l’Europe , et de donner ainsi plus dechances à la durée de la paix. Quand la France avait le Rhin et lesAlpes pour frontières, quand elle avait sous son influence immédiatela Suisse, la Hollande, l'Espagne et l'Italie ; quand elle possédait direc-tement le Piémont , du consentement général, quoique tacite, de toutesles puissances; quand elle en était arrivée à ce degré de grandeur, lapolitique la plus modérée était, dès ce jour même, la meilleure et laplus sensée. Sous ce rapport M. de Talleyrand avait raison. Cependant,après tout ce qu’on avait fait, on était forcément engagé à con-stituer l'Italie; et puisqu’on l’avait déjà enlevée à l’Autriche , ilfallait songera la luienlever irrévocablement, résultatqu’on ne pouvaitobtenir qu’en la constituant d une manière forte et indépendante. Onne froissait par là que l’Autriche seule, et une des cent batailles qu’ona livrées depuis, pour créer des royaumes français sur tout le conti-nent, aurait suffi pour faire supporter définitivement à l’Europe l’étatde choses qu’on aurait voulu créer en Italie .

Dans ce système, il fallait renoncer à posséder le Piémont , car si lesItaliens préfèrent les Français aux Allemands , au fond ils n’aiment niles uns ni les autres, parce que les uns et les autres sont étrangers poureux. C’est un sentiment naturel et légitime, qu’on doit respecter. LesFrançais protégeant l'Italie sans la posséder, se l’attachaient pour