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LE TRIBEMAT.

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toujours, et ne s’y préparaient pas ces brusques revirement d'affection,dont elle a donné tant de fois l’exemple, depuis que, ballottée entreles Français et les Allemands, elle n’a jamais fait que changer demailres. Il aurait fallu, dans ce plan, uc pas donner l'Étriiiie à un princeespagnol. Réunissant alors la Lombardie, le Piémont , les duchés dePanne et de Modènc, le Mantouan, les légations, la Toscane , on con-stituait un État superbe, s’étendant depuis les Alpes maritimes jusqu'àl’Adige, depuis la Suisse jusqu’à l’État romain. Il était facile de déta-cher, soit en Toscane , soit dans la Romagnc, une portion de territoirepour dédommager le pape, dont le dévouement ne pouvait pas êtredurable, si tôt ou lardon ne venait au secours de sa misère. Il fallaitréunir ces provinces diverses sous un gouvernement fédératif, danslequel le pouvoir exéculif fût fortement constitué, qui put rassemblerpromptement ses forces, et donner à nos armées le temps de venir àson secours. L’alliance, en effet, devait être intime entre cet Etat et laFrance, car il ne pouvait vivre que par elle; et la France de son côté,devait avoir à son existence un intérêt immense et invariable.

Un Ktat italien de dix ou douze millions d’habitants , possédant lesplus belles frontières, baigné par deux mers, ayant à la première guerreheureuse la chance certaine de s’accroître des Etats vénitiens, et des’étendre alors aux frontières naturelles de l'Italie , c'est-à-dire auxAlpes juliennes ; pouvant plus tard comprendre, au moyen d’un simplelien fédératif, qui laisserait à chaque principauté son indépendancepropre, la république génoise nouvellement constituée, le pape, avecles conditions nécessaires à son existence politique cl religieuse, l’Étatde Naples , délivré d’une cour inepte et sanguinaire, un tel État ainsiconstitué, et avec les accroissements que l’avenir lui préparait, était lefondement de la régénération italienne, et donnait à l’Europe une troi-sième fédération, laquelle ajoutée aux deux qui existaient déjà, lalle-imande et la suisse , devait rendre d’immenses services à l’équilibre-général.

Quant à la difficulté de gouverner l'Italie , elle pouvait être résolue,par le protectorat de la France , qui, en s’étendant sur elle pendanttout un règne, la conduirait par la main dans ces premières voiesd’indépendance et de liberté.

Du reste, le plan qu’on suivait en ce moment n’excluait pas ce belavenir, car le Piémont pouvait être restitué un jour au nouvel Étatitalien, le duché de Parme à la mort du duc actuel, mort qui d’après