LIVRE XIII.
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la Cisalpine, tenait sous sa main la haute et la moyenne Italie , et do-minait de son influence l’Italie méridionale . Elle pouvait envoyer àHome et à Naples des ordres moins ostensibles, mais tout aussi obéis«ju’à Turin ou Milan .
Il fallait donner un gouvernement à cette république cisalpine. Onavait commencé par lui composer des autorités provisoires, consistantdans un comité exécutif de trois membres, MM. de Somma-Riva,Yisconti et Ruga, et dans une consulte , espèce d'assemblée législativepeu nombreuse, choisie parmi les hommes sages et dévoués. Mais untel état de choses ne pouvait être maintenu longtemps.
Le premier consul avait auprès de lui le ministre de la Cisalpine à Paris ,M. Marcscalchi, de plus MM. Aldini, Serbelloni et Melzi , envoyés enFrance pour les affaires de l'Italie . C étaient les personnages les pluséonsidérables du pays. Il les consulta sur l’organisation à donner, àla nouvelle république, et, d'accord avec eux, il rédigea une consti-tution, imitée à la fois de la constitution française et des anciennesconstitutions italiennes.
Au lieu de la liste des notables de M. Sieyès , qui commençait àêtre décriée en France , le premier consul et ses collaborateurs imagi-nèrent trois collèges électoraux, permanents et à vie, se complétanteux-mèmes quand la mort y faisait des vides. Le premier devait êtrecomposé de grands propriétaires, au nombre de 300 ; le second, decommerçants notables, au nombre de 200 ; le troisième, des gens deLitres, des savants ecclésiastiques les plus distingués d'Italie , aunombre de 200. Ces trois collèges devaient choisir dans leur propresein une commission de 21 membres, dite commission de censure ,qui avait la mission dclire tous les corps de l’État, et de remplir lerôle électoral que le sénat remplissait en France .
Cette autorité créatrice devait nommer ensuite, sous le titre deconsulte d'Etat , un sénat de huit membres, chargé , comme le sénatfrançais , de veiller à la constitution, de délibérer sur les circonstancesextraordinaires, d'ordonner l’arrestation de tout individu dangereux,île mettre hors de la constitution le département qui l'aurait mérité, dedélibérer sur les traités, de nommer le président de la république.L’un de ces huit membres était de droit ministre des affaires étran-gères.
Il devait y avoir un conseil d’État, sous le titre de conseil législatif,éomposé de dix membres, rédigeant les lois et les règlements, et les