LE TRIBUNAT.
241
soutenant devant le corps législatif; enfin un corps législatif de75 membres, choisissant dans son sein 15 orateurs, chargés de dis-cuter devant lui les lois, qu'il était ensuite appelé à voler.
A la tète de la république devaient cnlin se trouver un président etun vice-président, nommés pour dix ans. lis étaient, comme on vientde le dire, nommés par la consulte d'Etat , ou sénat ; mais toutes lesautres autorités ne pouvaient cire formées que par le choix de la com-mission de censure.
Des appointements considérables étaient destinés à ces fonctionnairesde tout rang.
On voit que c'était la constitution française, avec des corrections, quiétaient la critique de l’ouvrage de M. Sieyès . Les listes de notablesétaient î _ 'accès par trois collèges électoraux à vie. Le sénat, ou cornsuite d'État, ne faisait plus les élections; il ne nommait que le chefdu pouvoir exécutif, mais il délibérait sur les traités, qui se trouvaientsoustraits, par ce moyen, à l’examen tumultueux des assemblées. Letribunat était confondu dans le corps législatif. Au lieu de trois con-suls, il y avait un président.
Quand le premier consul se fut mis d'accord sur ce projet avec .MM. Ma-rescalchi, Aldini, Melzi et Serbelloni, il fallut s’occuper du personnelde ce gouvernement. Les choix importaient d'autant plus, que la per-manence des corps principaux était plus grande, et que le bien ou lemal résultant de leur composition devaient durer davantage. Or, l’Italie était divisée, comme la France , en partis difficiles à concilier. A uneextrémité se trouvaient les partisans du passé, dévoués au gouver-nement autrichien ; à l’extrémité contraire, les patriotes exagérés, prêtscomme partout aux plus grands excès, mais n’ayant du reste jamaisversé le sang, contenus qu’ils avaient toujours été par l'armée fran-çaise. Enfin, entre deux, se trouvaient les libéraux modérés, chargésdu fardeau du gouvernement et de l'impopularité qui s’y attache, sur-tout en temps de guerre, où il faut grever le pays de charges fortlourdes. Avec ces divers partis, les élections ne pouvaient, pas plusqu'en France , donner des résultats satisfaisants. Le premier consul,pour suppléer aux élections, s’arrêta à une idée qui n'était point chezlui une inspiration d’ambition, mais de bon sens : c’était de composerlui-même le personnel de ce gouvernement, comme il venait d’en com-poser la structure, et pour cette première fois de faire toutes les nomi-nations de sa propre autorité. Il n’était animé en cela que du sentiment