LE TRUiUNAT.
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vues du premier consul étaient trop conformes aux vrais intérêts de lapatrie italienne, pour n etre pas accueillies. Ces personnages partirent,et allèrent, de concert avec le ministre de France à Milan , M. Petiet,homme sage et influent, travailler à l'accomplissement du plan d’or-ganisation qui venait d être arrêté à Paris .
Le projet de constitution ne rencontra aucune objection. Il fut reçuavec une grande satisfaction, car on avait hâte de sortir de l’état précairedans lequel on vivait, cl d’acquérir une existence assurée. Le comitéexécutif et la consulte, chargés du gouvernement provisoire , accep-tèrent ce projet avec empressement, sauf quelques modifications dedétail, qui furent transmises à Paris , et acceptées. Mais on était très-embarrassé de la mise en vigueur de la nouvelle constitution, et duchoix des personnes qui la feraient mouvoir. M. Petiet communiquasecrètement à quelques personnages influents l’idée de déférer au pre-mier consul la nomination du personnel entier du gouvernement, depuisle président jusqu’aux trois collèges électoraux. A peine cette idée d’unarbitre suprême, si bien placé pour ne partager aucune des passionsqui divisaient l’Italie , et pour ne vouloir que son bonheur, à peine cetteidée fut-elle communiquée, qu’elle réussit à l'instant meme, et que legouvernement provisoire déféra au premier consul le choix de toutesles autorités.
Un message lui fut adressé pour lui annoncer l’acceptation de la con-stitution, et lui exprimer le vœu du peuple cisalpin, de voir le premiermagistrat de la république française choisir lui-même les magistrats dela république italienne.
On s’en tint là , et on ne dit pas un mot de la présidence. Mais ilfallait disposer les Italiens à venir à Lyon , et ce fut l’objet d'une nou-velle communication aux membres du gouvernement provisoire. Onleur fit sentir la difficulté de constituer la république cisalpine en res-tant à Paris , de faire sept à huit cents choix, loin des hommes et deslieux; la difficulté en même temps pour le premier consul de se rendrede Paris à Milan , l’avantage au contraire de partager la distance, deréunir les Italiens en corps à Lyon , et d’y faire venir le premier consul;de former là une sorte de grande diète italienne, où la république nou-velle serait constituée avec un appareil et un éclat qui donneraientplus de solennité à l’engagement que le premier consul prenait, en lacréant, de la maintenir et de la défendre. Cette idée avait quelquechose de grand, qui devait plaire à des imaginations italiennes. Elle