241
L1VKE XIII.
réussit comme toutes les idées qu’on avait mises en avant, et fut sur-le-champ adoptée. Un projet était déjà préparé, et il fut converti en décretdu gouvernement provisoire. On choisit des députations dans le clergé,la noblesse, la grande propriété, le commerce, les universités, les tri-bunaux , les gardes nationales. Quatre cent cinquante-deux personnesfurent désignées, au nombre desquelles se trouvaient des prélats véné-rables, chargés d’années, dont quelques-uns même devaient succomberaux fatigues du voyage. Us partirent au mois de décembre, et traver-sèrent les Alpes par un des hivers les plus rigoureux qu’on eut essuyésdepuis longtemps. Tous voulaient assister à cette proclamation de l’in-dépendance de leur patrie par le héros qui l’avait affranchie. Les routesdu Milanais, de la Suisse, du Jura étaient encombrées. Le premierconsul, qui pensait à tout, avait donné des ordres pour que rien nemanquât, tant sur les routes qu’à Lyon même, à ces représentants dela nationalité italienne, qui venaient par leur présence lui rappeler sespremiers et ses plus beaux triomphes. Le préfet du Rhône avait faitd'immenses préparatifs pour les recevoir, et disposé de grandes et bellessalles pour les solennités qui devaient avoir lieu. Une partie de la gardeconsulaire avait été envoyée à Lyon. L’armée d’Egypte , autrefois arméed Italie , et récemment débarquée, venait d'y arriver aussi. On se hâtaitde la vêtir magnifiquement, et d'une manière conforme au climat dela France, qui semblait tout nouveau à ces soldats brunis par le soleilde 1 gypte, et transformés en véritables Africains. La jeunesse lyonn aiseavait été réunie, et formée en un corps de cavalerie, aux armes et auxcouleurs de l’antique cité lyonnaise. M. de Talleyrand et M. Chaplal,ministre de l’intérieur, avaient précédé le premier consul, pour rece-voir les membres de la consulte. Le général Murat, M. Peliet étaientaccourus de Milan, M. Marescalchi, de Paris au rendez-vous commun.Les préfets, les autorités de vingt départements étaient accumulés àLyon. Le premier consul se lit attendre, à cause du congrès d’Amiens ,dont les négociations avaient exigé sa présence à Paris quelques joursde plus. Les députés italiens commençaient à s’impatienter. Pour lesoccuper, on les divisa en cinq sections, une par province du nouvelÉtat, et on leur soumit le projet de constitution. Us firent des obser-vations utiles, que M. de Talleyrand avait ordre d’écouter, de peser,et d’admettre, sans toutefois porter atteinte aux principes fondamen-taux du projet. Sauf quelques dispositions de détail qui furent modi-fiées, la nouvelle constitution obtint l’assentiment général. On proposa