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LE TRIBLNAT.

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aussi aux députés cisalpins, pour tromper leur impatience, de faire deslistes de candidats, afin d'aider le premier consul dans les choix nom-breux qu'il avait à faire. Ce dépouillement de noms remplit utilementleur temps.

Le premier consul arriva le 11 janvier 1802 (21 nivôse). La popu-lation des campagnes, assemblée sur les routes, l’attendait jour et nuit.Elle était réunicautour de grands feux, et accourait au-devant de toutesles voitures qui venaient de Paris , en criant : Vive Bonaparte ! Lepremier consul parut enfin, et fit le chemin jusqu'à Lyon , au milieu detransports continuels d'enthousiasme. Il y entra le soir, accompagné desa femme, de ses enfants adoptifs, de ses aides de camp, et fut reçu parles ministres, les autorités civiles et militaires, une députation italienne,l'état-major d'Egypte , et la jeunesse lyonnaiseà cheval. La ville, illu-minée tout entière, était resplendissante comme en plein jour. On lefit passer sous un arc de triomphe, que surmontait un noble emblèmede la France consulaire : c’était un lion endormi. Il descendit à l'hôtelde ville,qu'on avait disposé convenablement pour lui servir d'habitation.

Le lendemain, le premier consul employa la journée à recevoir toutesles députations départementales, et après elle la consulte italienne,qui comptait quatre cent cinquante membres présents sur quatre centcinquante-deux, exemple d'exactitude bien rare, si on considère lenombre des personnes, la saison, et les distances : et encore l’un desdeux absents était-il le respectable archevêque de Milan, qui venait demourir d’une attaque d’apoplexie chez M. de Talleyrand . Les Italiens,auxquels le premier consul parlait leur langue, étaient charmés de lerevoir, et de trouver en lui un Français et un Italien tout à la fois.On procéda les jours suivants aux derniers travaux de la consulte. Lesmodifications proposées à la constitution avaient été agréées par lepremier consul ; les listes de candidats étaient arrêtées. On imaginade composer un comité de trente membres, pris dans la consulte toutentière, pour discuter avec le premier consul la longue série des choix quiétaient à faire. Ce travail prit plusieurs jours, pendant lesquels lepremicrconsul, après avoir employé une partie de ses journées à voir et à en-tretenir les Italiens, s’occupait en même temps des affaires de France ,recevait les préfets, les députations départementales, entendait l'ex-pression de leurs vœux et de leurs besoins, et apprenait à connaîtrede ses propres yeux l’état vrai de la république. L’enthousiasme allaitchaque jour croissant, et c'est au milieu de cet entraînement général,