LIVRE XIII.
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que les Français et les Italiens se communiquaient les uns aux autres,que fut produite l’idée de nommer le premier consul président de la ré-publique cisalpine. MM. Marescalchi, Petiet, Murat, de Talleyrand ,voyaient tous les jours les membres du comité des trente, et conféraientavec eux sur le choix d’un président. Quand on les jugea bien embar-rassés, bien divisés sur ce choix, qui était en effet très-difficile à faire,on leur laissa entrevoir une manière de sortir d’embarras, en donnantau personnage italien qui serait préféré la simple qualité de vice-pré-sident, et en couvrant son insuffisance de la gloire du premier consul,qui serait nommé président. Celte idée si simple, encore plus utile à laCasalpine, à son existence, à la bonne administration de ses affaires,qu'à la grandeur du premier consul, fut trouvée excellente, mais à lacondition toutefois d’un vice-président italien. On décida le citoyenMelzi à se charger de la vice-présidence, sous le premier consul. Toutétant prêt, un des membres du comité des trente fit cette proposition aucomité. Elle fut reçue avec joie, et convertie sur-le-champ en projet dedécret. On ne perdit pas de temps, et le lendemain 25 janvier (5 plu-viôse) le projet fut présenté à la consulte assemblée. Elle l’accueillitavec acclamations, et proclama Napoléon Bonaparte président de la ré-publique italienne. C’est la première fois qu’on voit ces deux noms deNapoléon et de Bonaparte réunis l'un à l’autre. Le général devait joindreau titre de premier consul de la république française le titre de pré-sident de la république italienne. Une députation lui fut envoyée pourlui en exprimer le vœu.
Pendant que cette délibération avait lieu, le général des arméesd’Italie et d'Égypte passait la revue de ses anciens soldats. Les demi-brigàdes de l’armée d’Égypte , qu’on avait eu le temps de réunir, avaientété jointes à la garde consulaire, à de nombreux détachements detroupes, et à la milice lyonnaise. Ce jour-là, les brumes de l’hivers'étaient dissipées un instant, et, par un soleil étincelant et un froidrigoureux , le général Bonaparte parcourait le front de ces vieillesbandes, qui le recevaient avec d’incroyables transports de joie. Lessoldats d’Égypte et d’Italie , charmés de retrouver si grand ce fils deleurs œuvres, le saluaient de leurs cris, et tenaient à lui persuaderqu’ils n’avaient pas cessé d’être dignes de lui, quoique conduits unmoment par des chefs indignes d’eux. Il faisait sortir de vieux gre-nadiers hors des rangs, leur parlait des combats auxquels ils avaientassisté, des blessures qu’ils avaient reçues : il reconnaissait çà et là des