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LE TBIBUNAT.

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officiers qu’il avait vus en plus d’une rencontre, leur serrait la main àtous, et les remplissait d’une sorte d'ivresse, dont lui-mème ne pouvaitse défendre, en présence de ces braves gens, qui l’avaient aidé par leurdévouement à produire les merveilles dont il jouissait, et dont laFrance jouissait avec lui. Cette scène se passait sur les ruines de laplace Bellecour, et en effaçait la tristesse, comme la gloire efface lemalheur.

C’est en rentrant à l’hôtel de ville après cette revue, que le premierconsul trouva la députation de la consulte, reçut son vœu, déclaraqu’il l’agréait, et qu’il répondrait le lendemain à ce nouvel acte doconfiance de la nation italienne.

Le lendemain, 26 janvier (6 pluviôse), il se rendit dans le localdestiné aux séances générales de la consulte. C’était dans une grandeéglise,, disposée et décorée pour cet usage. Tout s’y passa comme dansune séance royale, soit en France , soit en Angleterre. Le premierconsul, entouré de sa famille , des ministres français , d’un grandnombre de généraux et de préfets, était placé sur une estrade. Il fiten langue italienne, qu’il prononçait parfaitement, un discours simpleet précis, dans lequel il annonça son acceptation, ses vues pour legouvernement et la prospérité de la nouvelle république, et proclamales principaux choix qu’il avait faits, conformément aux vœux de laconsulte. Ses paroles furent couvertes p ar les cris de Vive Bonaparte !Vive le premier consul de la république française ! Vive le présidentde la république italienne ! On lut ensuite la constitution, et la listedes citoyens de tous les rangs qui devaient contribuer à la mettre enactivité. Une longue acclamation exprima l’accord des volontés, entrele peuple italien et le héros qui l’avait affranchi. Cette séance fut so-lennelle et imposante ; elle commençait dignement l’existence de lanouvel le république qui devait s’appeler désormais république italienne .Cette fois, comme tant d’autres, il ne fallait souhaiter au général Bo-naparte qu’une chose : c’est que le génie qui conserve accompagnât,chez ce favori de la fortune , le génie qui crée.

Le premier consul était depuis vingt jours à Lyon . Le gouvernementde la France réclamait sa présence à Paris , et il avait à donner lesderniers ordres pour la signature de la paix définitive, qui se négo-ciait au congrès d’Amiens. Pendant ce temps, le consul Cambacérès et le sénat travaillaient à le débarrasser des opposants inconsidérés,qui l’avaient contrarié si violemment, dans le moment de sa carrière