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LIVRE QUATORZIÈME.

CONSULAT A VIE.

Armée du premier consul à Paris.— Scrutin du sénat qui exclut soixante membresdu corps législatif et vingt membres du tribunat. — Les membres exclus remplacés par des hommes dévoués au gouvernement.— Fin du congrès d'Amiens .

— Quelques difficultés surgissent au dernier moment de la négociation, par suited'ombrages excités en Angleterre. — Le premier consul surmonte ces difficultéspar sa modération et sa fermeté. — La paix définitive signée le 23 mars 1802. —Quoique le premier enthousiasme de la paix soit amorti en France et en Angle-terre, on accueille avec une nouvelle joie l'espérance d'une réconciliation sin-cère et durable. — Session extraordinaire de l'an X. destinée à convertir en loile concordat, le traité d'Amiens , et différents projets d'une haute importance.

— Loi réglementaire des cultes ajoutée au concordat, sous le titre d 'Articlesorganiques. — Présentation de cette loi et du concordat au corps législatif etau tribunat renouvelés. — Froideur avec laquelle ces deux projets sont ac-cueillis, même après l'exclusion des opposants. — Ils sont adoptés. — Le pre-mier consul fixe au jour de Pâques la publication du concordat, et la premièrecérémonie du culte rétabli. — Organisation du nouveau clergé. — Part faiteaux constitutionnels dans la nomination des évêques. — Le cardinal Caprararefuse, au nom du saint-siège, d'instituer les constitutionnels. — Fermeté dupremier consul, et soumission du cardinal Caprara. — Réception officielle ducardinal comme légat a lalere. — Sacre des quatre principaux évêques à Notre-Dame,le dimanche des Rameaux. —Curiosité et émotion du public. — La veillemême du jour de Pâques et du Te Deurn solennel qui doit être chanté à Notre-Dame, le cardinal Caprara veut imposer aux constitutionnels une rétractationhumiliante de leur conduite passée. — Nouvelle résistance de la part du premierconsul. — Le cardinal Caprara ne cède que dans la nuit qui précède le jour dePâques. — Répugnance des généraux à se rendre à Notre-Dame . — Le premierconsul les y oblige. — Te Deum solennel et restauration officielle du culte. —Adhésion du public, et joie du premier consul en voyant le succès de ses efforts.

— Publication du Génie du christianisme. — Projet d'une amnistie générale àl'égard des émigrés. — Cette mesure, débattue au conseil d'Etat, devient l’objetd'un sénatus-eonsulte. — Vues du premier consul sur l'organisation de la so-ciété en France . — Ses opinions sur les distinctions sociales, et sur l'éducationde la jeunesse. — Deux projets de loi d’une haute importance, sur l'institutionde la Légion d'honneur , et sur l'instruction publique. — Discussion de ces deuxprojets dons le sein du conseil d'État.— Caractère des discussions de ce grandcorps. — Paroles du premier consul. — Présentation des deux projets au corpslégislatif et au tribunat. — Adoption à une grande majorité du projet de loirelatif à l'instruction publique. — Une forte minorité se prononce contre l«projet relatif à la Légion d'honneur. — Le traité d'Amiens présenté le dernier,comme couronnement des œuvres du premier consul. — Accueil fait à ce traité.

— On en prend occasion de dire de toutes parts qu'il fant |décerner une récom-pense nationale à l'auteur de tous les biens dont jouit la France . — Les parti-sans et les frères du premier consul songent au rétablissement de la monarchie.

— Cette idée paraît prématurée. — L'idée du consulat déféré à vie prévaut géné-ralement. — Le consul Cambacérès offre son intervention auprès du sénat. —Dissimulation du premier consul, qui ne vent jamais avouer ce qu'il désire. —