CO.NSCLAT A VIE.
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Embarras du consul Cambacérès. — Scs efforts auprès du sénat, pour obtenir<[uc le consulat soit déféré au général Honaparte pour la duree de sa vie. — J.esennemis secrets du général profitent (le son silence, pour persuader au sénatqu'une prolongation du consulat [jour dix années lui sullit. — Vote du sénatdans ce sens. — Déplaisir du premier consul. — Il veut refuser. — Sou collègueCambacérès l’en empêche, et propose, comme expédient, de recourir à la souve-raineté nationale, et de poser à la France la question de savoir si le généralHonaparte sera consul à vie. — Le conseil (l'État chargé de rédiger la question.
— Ouverture de registres pour recevoir les votes, dans les mairies, les tribu-naux. les notariats. —Empressement de tous les citoyens à porter leur réponseaffirmative. —Changements apportés à la constitution de 51. Sieyès . — Le pre-mier consul reçoit le consulat à \ie, avec la faculté de désigner son successeur.
— Le sénat est investi du pouvoir constituant.—Les listes de notabilité sontabolies, et remplacées par des collèges électoraux à vie. — Le tribunal réduit àn ôtre qu’une section du conseil d’État. — La nouvelle constitution devenuetout à fait monarchique. — Liste civile du premier consul. — Il est proclamésolennellement par le sénat. — Satisfaction générale d’avoir fondé enfin un pou-voir fort et durable. — Le premier consul prend le nom de Napoléon Bompaute.
— Sa puissance morale est à son apogée. — Résumé de cette période de trois ans.
Le voyage du premier consul à Lyon avait eu pour but de constituerla république italienne , et de s’en assurer le gouvernement, dans 1 in-térêt de l'Italie, et dans celui de la France . Il avait eu pour but aussid'embarrasser l’opposition, de la discréditer en la laissant oisive, enprouvant que le bien était impossible avec elle; enfin, de ménager auconsul Cambacérès le temps d’exclure du corps législatif et du tribunatles personnages les plus remuants et les plus incommodes.
Tout ce qu’on avait voulu était réalisé. La république italienne,constituée avec éclat, se trouvait liée à la politique de la France , sansperdre son existence propre. Les opposants du tribunat et du corpslégislatif, frappés par le message qui retirait le code civil, laissés àParis sans un seul projet de loi à discuter, ne savaient comment sortird’embarras. Partout on s’en prenait à eux de l'interruption des beauxtravaux du gouvernement ; partout on les blâmait d'imiter mesquine-ment et hors de propos les agitateurs d’autrefois. C’est dans celtesituation que M. Cambacérès leur porta le dernier coup, par la com-binaison ingénieuse qu’il avait imaginée. Il fit appeler le savant juris-consulte Troncbet, introduit au sénat par son influence, et jouissantdans ce corps de la double autorité du savoir et du caractère. 11 luicommuniqua son plan , et le lui lit agréer. On a vu dans le livre pré-cédent quel était ce plan; on a vu qu’il consislait à interpréter 1 ar-ticle 38 de la constitution , qui fixait en l’an X la sortie d un premiercinquième du tribunat et du corps législatif, et à donner au sénat ladésignation de ce cinquième. Il y avait beaucoup de raisons pour et