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- LIVRE XIV.
contre cette manière d'entendre l'article 38 : la meilleure de toutesétait le besoin de suppléer à la faculté de dissolution, que la consti-tution , n’avait point attribuée au pouvoir exécutif. M. Tronchet,homme sage, bon citoyen, admirant et craignant à la fois le premierconsul, mais le jugeant indispensable , et reconnaissant avec M. Cam-bacérès que si on ne le délivrait pas de l’opposition importune du tri-bunat, il se jetterait, par amour même du bien qu’on l'empêchait defaire, dans des mesures violentes, M. Tronchet entra dans les vues dugouvernement, et se chargea de préparer le sénat à l’adoption desmesures projetées. Il y réussit sans peine , car le sénat sentait qu’onl'avait rendu complice et dupe de la mauvaise humeur des opposants.Ce corps avait déjà reculé avec beaucoup d'empressement et peu dedignité dans l’affaire des candidatures. Dominé par cet amour du reposet du pouvoir, qui avait saisi tout le monde, il consentit à écarter lesopposants dont il avait d'abord secondé les projets. Le plan ayant étéaccueilli par les principaux personnages du corps, Lacépède, Laplace,Jacqueminot , et autres, on procéda sans délai à l’exécution, par unmessage daté du 7 janvier 1802 ( 17 nivôse an X).
« Sénateurs , disait le message, l’article 38 de la constitution veut» que le renouvellement du premier cinquième du corps législatif et« du tribunal ait lieu dans l'an X, et nous touchons au quatrième>■ mois de cette année. Les consuls ont cru devoir appeler votre atten-» tion sur cette circonstance. Votre sagesse y trouvera la nécessité de» vous occuper sans délai des opérations qui doivent précéder ce re-» nouvellement. »
Ce message, dont l’intention était facile à deviner , frappa de sur-prise les opposants des deux assemblées législatives, et naturellementexcita chez eux la plus vive irritation. Par légèreté, par entraînements, ilss etaient jetés dans cette carrière d’opposition, sansen prévoir l’issue, etils étaient étrangement surpris du coup qui les menaçait, coup qui auraitété plus rude sans l’intervention du consul Cambacérès . Ils s’assemblèrentpour rédiger un mémoire, et le présenter au sénat. M. Cambacérès , quiles connaissait presque tous, s’adressa aux moins compromis. Il leur fitsentir qu’en se signalant davantage par leur résistance, ils attireraient surleur personne l'attention du sénat, et le pouvoir d’exclusion dont cecorpsallait être revêtu. Cette observation calma la plupart d’entre eux , etils attendirent en silence la décision de cette autorité suprême. Dansles séances des 15 et 18 janvier (25 et 28 nivôse), le sénat résolut la