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CONSULAT A VIE.

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.question que soulevait le message des consuls. A une très-grande ma*jorilé, il décida que le renouvellement du premier cinquième, dansles deux assemblées législatives, aurait lieu immédiatement, et que ladésignation de ce cinquième se ferait par le scrutin, et non par lesort. Mais on adopta un tempérament de forme, et au lieu de faireporter le scrutin sur le nom de ceux qui devaient sortir , on le litporter sur le nom de ceux qui devaient rester. La mesure avait alorsl'apparence d’une préférence , au lieu d’avoir celle d’une exclusion.Moyennant ce léger adoucissement de forme, on procéda sans délai àla désignation des deux cent quarante membres du corps législatif, etdes quatre-vingts membres du tribunat, destinés à continuer la légis-lature. Les sénateurs dont on disposait le plus immédiatement avaientle secret des noms qu’on voulait sauver de l’exclusion, et dans lesderniers jours de janvier (fin de nivôse et commencement de pluviôse),les scrutins incessamment répétés du sénat opérèrent la séparationdes partisans et des adversaires du gouvernement. Soixante membresdu corps législatif, qui avaient montré le plus de résistance auxprojets du premier consul, surtout au projet du rétablissement descultes, vingt membres du tribunat, les plus actifs, furent frappés d’ex-clusion, ou, comme on dit alors, éliminés. Les principaux parmi cesvingt étaient MM. Chénier , Ginguené , Cliazal, Bailleul , Courtois,Ganilh , Daunou et Benjamin Constant . Les autres, moins connus,gens de lettres ou d’affaires, anciens conventionnels, anciens prêtres,n’avaient eu d’autre titre pour entrer au tribunat que l’amitié deM. Sieyès et de son parti; le même titre les en fit sortir.

Telle fut la fin, non pas du tribunat, qui continua d'exister quelquetemps encore, mais de l'importance momentanée que ce corps avaitacquise. Il eût été à désirer que le premier consul, si plein de gloire, sidédommagé par l’adhésion universelle de la France d’une oppositioninconvenante, pût se résigner à supporter quelques détracteurs impuis-sants. Celte résignation eût été plus digne, et aussi moins dommageableà l'espèce de liberté qu’il aurait pu nous laisser alors, pour nous pré-parer plus lard à une liberté véritable. Mais en ce monde la sagesse estplus rare que l'habileté, plus rare même que le génie; car la sagessesuppose la victoire sur ses propres passions, victoire dont les grandshommes ne sont guère plus capables que les petits. Le premier consul,il faut le reconnaître, manqua de sagesse en cette occasion, et on nepeut faire valoir en sa faveur qu’une seule excuse : c’est qu'une telle