Band 
[3. - 4.]
Seite
257
JPEG-Download
 

CONSULAT A VIE.

257

corps de l'État par eux-mêmes; car toute élection tournait à mal. cest-n-«lire aux extrêmes. On avait eu la plus grande peine à terminer ceslistes, et, sur cent deux départements alors existants, dont deux, ceuxde la Corse, étaient hors la loi, dont quatre, ceux de la rive gauche duRhin, notaient pas organisés, quatre-vingt-trois seulement avaient en-voyé leurs listes. Il fut convenu qu’on ferait les choix dans les listesenvoyées, sauf à dédommager par des choix postérieurs les départe-ments qui n’avaient pas encore exécuté la loi.

On appela au corps législatif bon nombre de ces grands propriétaires,que la sécurité nouvelle dont on les faisait jouir portait à quitter la re-i rai te dans laquelle ils avaient jusqu’ici cherché à vivre. On y appelaaussi quelques préfets, quelques magistrats, qui, depuis trois ans, ve-naient de sc former à la pratique des affaires, sous la direction du gou-vernement consulaire. Parmi les personnages introduits au tribunal setrouvait Lucien Bonaparte, revenu d Espagne , après une ambassade plusagitée qu’utile, et affectant de ne plus rien désirer qu’une existencetranquille, employée à servir son frère dans le sein de l'un des grandscorps de l'État. Avec lui on avait introduit Carnot, sorti depuis peu duministère de la guerre, où il n'avait pas eu l’art de plaire au premierconsul. Ce dernier n était pas plus favorable au gouvernement consu-laire que les tribuns récemment exclus ; mais c’était un personnagegrave, universellement respecté, dont l’opposition devait être peu active,et que la révolution ne pouvait pas, sans une odieuse ingratitude, laisserà l’écart. Cette nomination était d’ailleurs un dernier hommage à laliberté. Après ces deux noms, le plus notable était celui de M. Daru,administrateur capable et intègre, esprit sage et cultivé.

Pendant que ces opérations s'exécutaient, le premier consul était,arrivé à Paris , à la suite d une absence de vingt-quatre jours. Il était,de retour le 31 janvier au soir (11 pluviôse). La soumission étaitpartout, et ce mouvement singulier de résistance qu'on avait vu seproduire naguère dans les deux assemblées législatives, élait mainte-nant complètement apaisé. L'autorité nouvelle dont le premier consulvenait de Ire revêtu, avait elle-même agi sur les esprits. Assurémentc élait peu pour la puissance du premier consul, que la république ita-lienne ajoutée à celte république française, qui avait vaincu et, désarméle monde; mais cet exemple do déférence, donné au génie du généralBonaparte par un peuple allié, avait produit un grand effet. Lescorpsde I État vinrent tous avec empressement lui présenter leurs félicita-