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i.rvuE xiv.

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lions, et lui adresser des discours où perçait, h côté de l'exaltation delangage qu'il inspirait ordinairement, une nuance marquée de respect.11 semblait qu’on voyait déjà sur cette tète dominatrice la double cou-ronne de France et d'Italie .

Il pouvait tout maintenant, et pour l’organisation de la France ,qui était son premier objet, et pour sa grandeur personnelle, qui étaitle second. Il n’avait plus à craindre que les codes qu’il avait fait ré-diger, et qu’il faisait rédiger encore, que les arrangements conclus avecle pape pour la restauration des autels, n’échouassent devant la mau-vaise volonté ou devant les préjugés des grands corps de l’État. Cesprojets n’étaient pas les seuls qu’il méditait. Depuis quelques mois, ilpréparait un vaste système d’éducation publique, pour façonner la jeu-nesse française au régime sorti de la révolution. Il projetait un sys-tème de récompenses nationales, qui, sous une forme militaire, con-venable au temps et à l’imagination guerrière des Français , put servirà rémunérer les grandes actions civiles aussi bien que les grandesactions militaires; c’était la Légion d’honneur , noble institution long-temps méditée en secret, et certainement pas la moins difficile desœuvres que le premier consul voulait faire agréer à la France répu-blicaine. Il désirait aussi fermer une des plaies les plus profondes dela révolution, c'était l'émigration. Beaucoup de Français vivaient en-core à l’étranger, dans les mauvais sentiments que l’exil inspire, privésde leur famille, de leur fortune, de leur patrie. Avec le projet d’effacer lestraces de nos profondes discordes, et de conserver tout ce que la révo-lution avait eu de bon, d'en écarter tout ce qu’elle avait eu de mauvais,1 "émigration n’était pas un de ses résultats qu’il fallût laisser subsister.Mais, à cause des acquéreurs de biens nationaux, toujours susceptibleset déliants, c’était l’un des actes les plus difficiles, et qui exigeaient leplus de courage. Toutefois le moment approchait où un tel acte allaitdevenir possible. Enfin si, comme on le disait alors de toutes parts, ilfallait consolider le pouvoir dans les mains de l’homme qui l’avaitexercé d'une manière si admirable, s'il fallait donner à son autoritéun nouveau caractère, plus élevé, plus durable, que celui d’une ma-gistrature temporaire de dix années, dont trois s’étaient déjà écoulées,le moment était venu encore, car la prospérité publique, fruit del’ordre, de la victoire, de la paix, était au comble; elle était sentie eucet instant, avec une vivacité que le temps pouvait plutôt émousserqu’accroître.