CONSULAT A VIE.
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Cependant ces projets de bien public et de grandeur personnellequ'il nourrissait tous à la fois, avaient besoin pour s’accomplir d’undernier acte, c’était la conclusion définitive de la paix maritime, laquellese négociait au congrès d'Amiens. Les préliminaires de Londres avaientposé les bases de celle paix ; mais tant que ces préliminaires n’étaientpas convertis en Iraité définitif, les alarmistes intéressés à troubler lerepos public ne manquaient pas de dire chaque semaine qu’on avait•cessé detre d’accord, et qu'on serait bientôt replongé dans la guerremaritime, et par la guerre maritime dans la guerre continentale.Aussi, dès son retour à Paris , le premier consul avait imprimé unenouvelle activité aux négociations d’Amiens . « Signez, écrivait- ilchaque jour à Joseph, car depuis les préliminaires il n’y a plus aucunequestion sérieuse à débattre. >> Cela était vrai. Les préliminaires deLondres avaient résolu les seules questions importantes, en stipulantla restitution de toutes les conquêtes maritimes des Anglais , saufCeylan et la Trinité, dont les Hollandais et les Espagnols devaient fairele sacrifice. Les Anglais avaient bien, comme on l'a vu, demandé aucongrès d’Amiens la petite île de Tabago; mais le premier consulavait tenu bon, et ils y avaient renoncé. Dès lors, il n’y avait plus decontestation que relativement à des points tout à fait accessoires, telsque l'entretien des prisonniers, et le régime à donner à file de Malte .
On a exposé précédemment la difficulté? relative aux prisonniers.C'était une pure question d’argent, toujours facile à résoudre. Le ré -gime à donner à Malte présentait une difficulté plus réelle, car unedéfiance réciproque compliquait les vues des deux puissances. Le pre-mier consul, par un singulier pressentiment, voulait raser les fortifi-cations de l ile, la réduire à un rocher, et en faire un lazaret neutre etouvert à toutes les nations. Les Anglais, qui voyaient dans Malte uneéchelle pour aller en Egypte , disaient que le rocher seul était tropimportant pour le laisser toujours accessible aux Français, qui de 1 Italie pouvaient passer en Sicile, de Sicile à Malle. Ils voulaient le rétablis-sement de l’ordre sur ses anciennes bases, avec la création d une langueanglaise et d’une langue maltaise, celle-ci composée des habitants del ile, qui leur étaient dévoués. Le premier consul n'avait pas admis cesconditions; car, dans l'état des mœurs en France , on ne pouvait pasespérer de composer une langue française assez nombreuse pour contre-balancer la création d’une langue anglaise. On s’était enfin mis d'ac-cord sur ce point. L’ordre devait être rétabli, sans qu'il y eut aucune