LIVRE XIV.
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■langue nouvelle. Un autre grand maître devait être nommé, car on nevoulait plus de M. de Hompcscli, qui, en 1798, avait livré Malte augénéral Bonaparte . En attendant que l’ordre fût réorganisé, il étaitdécidé qu’on demanderait au roi de Naples de fournir une garnisonnapolitaine de deux mille hommes, laquelle occuperait l’ile lorsque lesAnglais l’évacueraient. Par surcroît de précaution, on désirait quequelque grande puissance garantît cet arrangement, pour mettreMalte à l'abri de l’une de ces entreprises qui depuis cinq ans l’avaientfait tomber au pouvoir, tantôt des Français, tantôt des Anglais . Onsongeait à demander cette garantie à la Russie , en se fondant sur l’in-térêt que celte puissance avait témoigné à l’ordre sous Paul I ". Surtous ces points on était encore d’accord, au départ du premier consulpour Lyon . Les pêcheries rétablies sur leur ancien pied , l'indemnitéterritoriale promise en Allemagne à la maison d'Orange pour la perte duslathoudérat, la paix et l'intégrité de territoire assurées soit au Portugal ,soit à la Turquie , ne présentaient que des questions résolues. Cepen-dant depuis le retour du premier consul à Paris , la négociation parais-sait languir, et lord Cornwallis inquiet semblait reculer à mesure quele négociateur français faisait de nouveaux pas vers lui. On ne pouvait sus-pecter lord Cornwallis , bon et respectable militaire, qui ne demandaitqu'à terminer aimablement les difficultés de la négociation, et à joindreà ses services guerriers un grand service civil, celui de donner la paix■à sa patrie. Mais ses instructions étaient tout à coup devenues plusrigoureuses, et la peine qu'il en ressentait se peignait clairement surson visage. Son cabinet, en effet, lui avait enjoint d'être plus difficile,-plus vigilant dans la rédaction du traité, et lui avait imposé des condi-tions de détail, qn’il était peu aisé de faire subir à l’humeur altière etdéfiante du premier consul. Ce brave marin, qui avait cru couronnersa carrière par un acte mémorable, en était à craindre de voir sa vieilleconsidération ternie, par le rôle qu’on allait lui faire jouer dans une-négociation scandaleusement rompue. Dans son chagrin, il s'en étaitfranchement ouvert à Joseph Bonaparte , et faisait avec lui de sincèresefforts pour vaincre les obstacles opposés à la conclusion de la paix.
On se demandera quel motif avait pu détruire tout à coup, ou refroi-dir du moins, les dispositions pacifiques du cabinet prt'sidé par M. Ad--dington? Ce motif est facile à comprendre. Il s’était fait à Londres -une sorte de revirement, ordinaire dans les pays libres. Les prélimi-naires étaient signés depuis six mois, et, dans cet état intermédiaire,