LIVBE XIV.
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de saluer, au moins de quelques hommages hypocrites, le rétablissementdelà paix.
M. Pitt, sorti du cabinet depuis l'année dernière, mais toujours pluspuissant dans sa retraite que ses honnêtes et faibles successeurs nel’étaient au pouvoir, s’était tu sur les préliminaires. Il n'avait rien ditdes conditions, mais il avait approuvé le fait même de la paix. Ses an-ciens collègues, fort inférieurs à lui, et par conséquent moins modé-rés, MM. Windham, Dundas, Grenville, avaient blâmé la faiblesse ducabinet Addington , et trouvé les conditions des préliminaires désavan-tageuses pour la Grande-Bretagne. En apprenant le départ d'une flotteportant vingt mille hommes à Saint-Domingue , ils s’étaient récriéscontre la duperie de M. Addington, qui laissait passer une escadredestinée à rétablir la puissance française dans les Antilles , sans êtreassuré de la paix définitive. Ils présageaient qu’il serait victime de sonimprudente confiance. A la nouvelle des événements de Lyon , de lacession de la Louisiane , de l’acquisition de l’ile d Elbe, ils s'étaientrécriés plus vivement encore, et lord Carliste avait fait une violentesortie contre l’ambition gigantesque de la France , et contre la fai-blesse du nouveau cabinet britannique.
M. Pitt continuait de se taire, pensant qu'il fallait laisser épuiserce goût pour la paix, dont la multitude de Londres paraissait éprise,■et qu’il convenait de protéger encore quelque temps le cabinet destinéà satisfaire un goût probablement passager. Le cabinet anglais lui-même se montrait ému de l’effet produit sur l'opinion publique; maisil craignait beaucoup plus ce qu’on dirait, si la paix était rompueaussitôt qu’essayée; et si un traité en forme ne prenait pas la place desarticles préliminaires. Il se borna donc à expédier quelques bâtimentsarmés, qu’on avait trop tôt rappelés dans les ports, et à les envoyerdans les Antilles, pour y surveiller la flotte française dirigée sur Saint-Domingue. Il envoya à lord Cornwallis des instructions qui, sans chan-ger le fond des choses, aggravaient certaines conditions, et surchar-geaient la rédaction définitive de précautions ou inutiles, ou dés-agréables pour la dignité du gouvernement français . Lord Hawkcsburyvoulait que l’on stipulât avec précision un solde au profit de l'Angle -terre, pour le nombre de prisonniers quelle avait eus à entretenir; ilvoulait que la Hollande payât à la maison d’Orange une indemnité enargent, indépendamment de l'indemnité territoriale promise en Alle-magne ; il voulait que l’on stipulât formellement que l’ancien grand