CONSULAT A VIE.
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maître ne serait pas remis à la tête de l’ordre de Malte. Il aurait désirésurtout, faire figurer un plénipotentiaire turc au congrès d'Amiens , car,toujours rempli du souvenir de l’Égypte , le cabinet britannique tenaità enchaîner l’audace du premier consul en Orient. Il souhaitait enfinune rédaction qui permît au Portugal d'échapper aux stipulations dutraité de Badajoz, stipulations en vertu desquelles la cour de Lisbonne perdait Olivenea en Europe , et un certain ar rondissement territorialen Amérique .
Telles furent les instructions envoyées à lord Cornwallis . Cependantil y eut une proposition qui fut réservée pour être faite directementpar lord Ilawkesbury à M. Otto. Cette proposition était relative à l’I-talie . « Nous voyons, dit lord Hawkesbury à M. Otto, qu'il n’y a rienà obtenir du premier consul, en ce qui touche le Piémont . Demanderquelque chose à cet égard serait vouloir l’impossible. Mais que lepremier consul concède la plus faible indemnité territoriale au roide Sardaigne, dans quelque coin de l'Italie que ce soit, et, en échangede cette concession, nous reconnaîtrons à l'instant même tout ce quela France a fait dans cette contrée. Nous reconnaîtrons le royaumed’Étrurie, la république italienne et la république ligurienne. »
Les changements demandés soit par lord Cornwallis , soit par lordHawkesbury, consistant plutôt dans la forme que dans le fond, n’é-taient bien fâcheux ni pour la puissance ni pour l’orgueil de la France .La paix était assez belle en soi, pour l’accepter telle qu’on la proposait.Mais le premier consul, ne pouvant démêler si ces nouvelles demandesétaient une pure précaution du cabinet anglais dans l’intention derendre le traité plus présentable au parlement, ou si en effet ce retouren arrière sur des points déjà concédés, accompagné d'armements ma-ritimes, cachait une secrète pensée de rupture, agit comme il faisaittoujours, en allant résolument au but. Il concéda ce qui lui semblaitdevoir être concédé, et refusa nettement le reste. Relativement aux pri-sonniers, il repoussa la stipulation précise d’un solde au profit de l'An-gleterre, mais accorda la formation d une commission, qui réglerait lecompte des dépenses, en considérant toutefois comme prisonniers an-glais les soldais allemands ou autres qui avaient été à son service. Ilne voulut pas que la Hollande donnât un florin pour le slathoudcr. Ilconsentit d’une manière formeilc à la nomination d’un nouveau grandmaître de Malte, mais sans aucune expression applicable à M. deHompesch, et de laquelle on put induire que la France se laissait im->