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LIVRE XIV.

poser l’abandon des gens qui l’avaient servie. 11 voulut bien que lagarantie de Malte, proposée à la Russie, fût demandée aussi à l'Au-triche, à la Prusse et à l'Espagne . Enfin, sans admettre un plénipo-tentiaire turc ou portugais , il consentit à l'insertion d’un article danslequel l'intégrité du territoire turc, et celle du territoire portugais ,seraient formellement garanties.

Quanta la reconnaissance de la république italienne, de la répu-blique ligurienne, et du royaume d'Étrnric, il déclara qu'il s’en pas-serait , et qu’il ne l’achèterait par aucune concession faite au roi dePiémont , dont il avait résolu dès lors l’expropriation définitive.

Après avoir envoyé ces réponses à son frère Joseph, avec une libertésuffisante quant à la rédaction, il lui recommanda d’agir avec unegrande prudence, pour bien constater que le refus de signer la paixne venait pas de lui, mais de l’Angleterre. Il fit en outre déclarer, soità Londres soit à Amiens , que, si on ne voulait pas accepter ce qu'ilproposait, on devait en finir, et qu’à l’instant il allait réarmer l’an-cienne flottille de Boulogne, et former un camp vis-à-vis des côtesd Angleterre.

La rupture notait pas plus désirée à Londres qu’à Parisou Amiens.Le cabinet anglais sentait qu'il succomberait sous le ridicule, si la trêvede six mois, suite des préliminaires n’avait servi qu'à ouvrir les mersaux flottes françaises. Lord Cornwallis, qui savait que la légation an-glaise serait injustifiable, car c’était elle seule qui avait élevé les der-nières difficultés, lord Gormvallis fut très-conciliant dans la rédaction.Joseph Bonaparte ne le fut pas moins, et le 25 mars 1802 au soir(4 germinal an X), la paix avec la Grande-Bretagne fut signée, sur uninstrument surchargé de corrections de tout genre.

On prit trente-six heures pour la traduction du traité , dans autantde langues qu’il y avait de puissances intéressées. Le 27 mars (6 ger-minal), les plénipotentiaires se réunirent à l’hôtel de ville. Le premierconsul avait voulu que tout se passât avec le plus grand appareil. De-puis longtemps il avait fait partir pour Amiens un détachement deSes plus belles troupes, habillées à neuf; il avait fait réparer lesroutes d’Amiens à Calais et d’Amiens à Paris , et envoyé des secoursaux ouvriers du pays privés de travail, pour que rien ne pùl inspirerau négociateur anglais une fâcheuse idée de la France . Il avait enfinprescrit des préparatifs dans la ville meme d’Amiens , pour que la signa -turc fût donnée avec une sorte de solennité. Le 27, à onze heures du