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CONSOLAT A VIE.

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cardinal Caprara, qui remplissait incognito les fonctions de légatà latere , et qui voyait sans cesse le premier consul, lui insinuait avecdouceur, mais avec constance, les désirs de l'église romaine, s’avan-çant plus hardiment quand le premier consul était d'humeur à le laisserdire, se retirant précipitamment, et avec humilité, quand il étaitd humeur contraire. Ces désirs de l'église romaine ne consistaient passeulement à repousser de la nouvelle composition du clergé français lesprêtres qu elle appelait intrus, mais à recouvrer les provinces perdues,Bologne , Fcrrare et la Romagne . « Le saint-père, disait le cardinal,est fort pauvre depuis qu'il a été dépouillé de ses provinces les plusfertiles ; il est si pauvre qu'il ne peut payer ni des troupes pour legarder, ni l'administration de ses États, ni le sacré collège. Il a perdumême une partie de ses revenus extérieurs. Au milieu de ses dou-leurs, le rétablissement de la religion en France est la plus grande deses consolations ; mais ne mêlez pas des amertumes à cette consolation,en l'obligeant à instituer des prêtres qui ont apostasié, en privant leclergé fidèle des places déjà tant réduites par la nouvelle circonscrip-tion. —Oui, répondait le premier consul, lesaint-père est pauvre; je lesoulagerai. Toutes les limites des États d’Italie ne sont pas irrévocable-,ment fixées; celles de l'Europe elle-même ne sont pas définitivementarrêtées. Mais je ne puis aujourd’hui ôter des provinces à la répu»blique italienne, qui vient de me prendre pour chef. En atten-dant, il faut au saint-père plus d’argent quil n’en a. Il lui fautquelques millions ; je suis prêt à les lui donner. Quant aux intrus ,ajoutait-il, c’est autre chose. Le pape a promis, une fois les démissionsdonnées, de réconcilier avec l’Église, sans aucune distinction, tousceux qui se soumettraient au concordat. Il l’a promis, il faut qu iltienne sa parole. Je la lui rappellerai, et il n’est ni homme ni pontifeà y manquer. D'ailleurs je ne suis pas venu pour faire triompher telou tel parti ; je suis venu pour les réconcilier les uns avec les autres,en tenant la balance égale entre eux. Depuis quelque temps, vousm’avez obligé à lire l’histoire de l'Église. J’y ai vu que les querellesreligieuses ne se passent pas autrement que les querelles politiques ;car vous prêtres, nous militaires ou magistrats, nous sommes toushommes. Elles ne finissent que par l'intervention d’une autorité assezforte pour obliger les partis à se rapprocher et à se fondre. Je mêleraidonc quelques évêques r constitulionnels aux évêques que vous appelezfidèles; je les choisirai bien, j’en choisirai peu, mais il y en aura. Vous