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LIVRE XV.
elle répondait à une demande formelle de l’évêque de Passau ; qu’ellen’entendait nullement décider par la force une des questions litigieusessoumises à la diète germanique; quelle voulait faire purement un acteconservatoire, et. qu'aussitôt après la décision de celte diète , elle reti-rerait ses troupes, abandonnant la ville contestée au propriétaire quien serait légalement investi par le plan définitif des indemnités.
Ses troupes entrèrent le 18 août dans Passau . Tandis qu’elles y mar-chaient, les troupes bavaroises y marchaient de leur côté. Peu s’enfallut qu’il n’y eût une collision grave, laquelle aurait mis toute l’Eu-rope en feu. Cependant la prudence des officiers chargés de l’exécutionprévint ce malheur. Les Autrichiens restèrent maîtres de la place.
Cette conduite était hardie, plus hardie qu’il n’appartenait à l’Au-triche , car c’était sur un point important opposer un acte formel derésistance à la déclaration des puissances médiatrices. L’effet en futtrès-grand à Ratisbonne, dans le nombreux public allemand qui s’ytrouvait réuni. Il y avait là des représentants de tous les Étals, main-tenus ou supprimés, satisfaits ou mécontents, cherchant, les uns à faireadopter le plan proposé , les autres à le changer en ce qui les con-cernait. Magistrats des villes libres, abbés, prélats, nobles immédiatsy abondaient. Les nobles immédiats surtout, remplissant les arméeset les chancelleries des cours allemandes, figuraient en grand nombrecomme ministres à la diète. Ceux memes qui représentaient des coursavantagées, et qui, à ce titre, auraient dû paraître contents, con-servaient néanmoins leurs passions personnelles, et, comme noblesallemands, étaient fort loin d’èlre satisfaits. M. deGoerlz, par exemple,ministre de Prusse à Ratisbonne , était partisan du plan d’indemnitéspour le compte de sa cour ; mais, en qualité de noble immédiat, il re-grettait vivement l’ancien ordre de choses. Plusieurs autres ministresdes cours allemandes étaient dans le même cas. Ces personnages com-posaient à eux tous un public passionné, et très-porté pour l’Autriche .Ce nétait pas à la France qu’ils en voulaient le plus, car ils voyaientbien quelle était désintéressée en tout cela , et quelle n’avait d’autrebut que de mettre un terme aux affaires germaniques ; mais ils pour-suivaient de leur blâme le plus sévère la Prusse et la Bavière . L’aviditéde ces cours, leurs liaisons avec la France , leur ardeur à détruire la vieilleconstitution, y étaient qualifiées en termes d’une singulière amertume.La nouvelle de l’occupation de Passau produisit au milieu de ce publicla sensation la plus vive et la plus agréable. Il fallait, disait-on, de la