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LES SÉCULARISATIONS.

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vigueur; la France n’avait point de troupes sur le Rhin ; sa paix avecl’Angleterre n'était pas tellement solide quelle pùt si facilement s’en-gager dans les affaires de l’Allemagne ; d’ailleurs le premier consulvenait de recevoir une sorte d’autorité monarchique, en récompense dela paix procurée au monde ; il ne pouvait pas retirer sitôt un bienfaitpayé d’un si haut prix. On n’avait donc qu’à déployer de l’énergie, àpasser l'Inn, à donner une leçon à la Bavière , et l'on ferait tomber lesnombreuses mains levées à la fois contre la constitution germanique.

L’effet produit à Ratisbonne se répandit bientôt dans toute l’Europe.Le premier consul, attentif à la marche de ces négociations, en futfrappé. Jusque-là il s’était soigneusement abstenu de toute démarchequi aurait pu porter atteinte à la paix générale. Son but avait été de laconsolider et non de la mettre en péril. Mais il n’était pas d’humeurà se laisser braver publiquement, et surtout à laisser compromettre unrésultat qu’il poursuivait avec tant d’efforts, et avec d’aussi excellentesintentions. Il sentait ce que pourrait produire à Ratisbonne cette har-diesse de l’Autriche , s’il ne la réprimait pas, et surtout s’il paraissaithésiter. Sur-le-champ, il manda auprès de lui M. de Lucchesini, mi-nistre de Prusse, M. de Getto, ministre de Bavière . Il leur fît sentir àtous deux l’importance d’une résolution prompte et énergique, en pré-sence de la nouvelle attitude prise par l’Autriche , et le danger auquelserait exposé le plan des indemnités, si on montrait en cette circon-stance la moindre hésitation. Gcs deux ministres le sentaient aussi bienque personne, car l’intérêt de leurs cours suffisait pour les éclairer à cetégard. Ils adhérèrent donc sans balancer aux idées du premier consul.Celui-ci leur proposa de se lier par une convention formelle, dans la-quelle on déclarerait de nouveau qu’on était disposé à employer tousles moyens nécessaires pour faire prévaloir le projet de médiation, etque si, dans les soixante jours assignés aux travaux de la diète, la villede Passau n’était pas évacuée, la France et la Prusse uniraient leursforces à celles de la Bavière , pour assurer à celle-ci la part qui lui étaitpromise par le plan des indemnités. Cette convention fut signée le soirmême du jour où elle avait été proposée, c’est-à-dire le 5 septembre 1802(18 fructidor an X). Le premier consul n’appela point M. de Markoff,parce qu’il prévoyait mille difficultés de sa part, suscitées dans l’intérêtde l’Autriche. Il n’avait d’ailleurs pas besoin de la Russie pour faireacte deaergie. La convention même en devenait plus menaçante, signéepar deux puissances qui toutes deux étaient sérieusement résolues à