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LIVRE XV.
l’exécuter. Ou se contenta de la communiquer à M. de Markoff, en l’in-vitant à la transmettre à Pétersbourg, pour que son cabinet pût yadhérer, s’il le jugeait convenable.
Le lendemain le premier consul fil partir son aide de campLauristonavec la convention qui venait d’être signée, et avec une lettre pourl’électeur de Bavière . Dans cette lettre il engageait l’électeur à se ras-surer, lui garantissait de nouveau toute la part d'indemnité qui luiavait été promise, cl lui annonçait qu’à l’époque fixée une armée fran-çaise entrerait en Allemagne, pour tenir la parole de la France et dela Prusse. L’aide de camp Lauriston avait l’ordre de se rendre à Passau ,pour s’y faire voir, et pour juger de ses propres yeux quel était lenombre d’Autrichiens réunis sur la frontière de Bavière . Il devaitensuite se montrer à Ratisbonne, passer à Berlin , et revenir par laHollande. Il était porteur de lettres pour la plupart des princes d’Al-lemagne .
C’était plus qu'il n’en fallait pour agir fortement sur les têtes alle-mandes. Le colonel Lauriston partit sur-le-champ, et arriva sans perdreun instant à Munich . Sa présence y causa au malheureux électeur unejoie des plus vives. Tous les détails contenus dans la lettre du premierconsul furent répétés de bouche en bouche. Le colonel Lauriston con-tinua sans retard sa tournée, acquit de scs propres yeux la convictionque les Autrichiens étaient trop peu nombreux sur l’Inn pour faire autrechose qu’une bravade, et se rendit à Ratisbonne, de Ratisbonne àBerlin .
Cette promptitude d'action surprit l’Autriche , frappa de crainte tousles opposants de la diète, et leur prouva qu'une puissance comme laFrance ne s’était pas publiquement engagée avec une autre puissancecomme la Prusse, à faire réussir un plan, sans le vouloir sérieusement.D’ailleurs l’intention des médiateurs était si évidente, elle avait telle-ment pour but d’assurer le repos du continent par la conclusion desaffaires allemandes, que la raison devait se joindre au sentiment d’uneforce supérieure pour faire tomber toutes les résistances. Restaient àvaincre, il est vrai, les difficultés de forme , dont l’Autriche allait seservir pour ralentir l’adoption du plan, à moins quelle n’obtint quelqueconcession qui adoucit son chagrin, et sauvât la dignité du chef de l’em-pire, fort compromise en cette occasion.
La députation extraordinaire qui était chargée par la diète de pré-parer un conclusion , et de le lui soumettre, était en ce moment as-