LES SÉCULARISATIONS. 81
semblée. Les huit États qui la composaient, Brandebourg, Saxe ,Bavière, Bohème, Wurtemberg, ordre Teutonique , Mayence, Ilesse-Cassel, étaient présents dans la personne de leurs ministres. Le proto-cole était ouvert, chacun avait commencé à émettre son avis. Sur leshuit États, quatre admirent sans hésiter le plan des médiateurs. Bran-debourg, Bavière , Ilesse-Cassel, Wurtemberg, exprimèrent leur grati-tude pour les hautes puissances, qui avaient bien voulu venir au secoursdu corps germanique et le tirer d'embarras par leur arbitrage désin-téressé ; déclarèrent en outre le plan sage, acceptable dans son contenu,sauf quelques détails, à l'égard desquels la grande députation pourraitsans inconvénient donner son avis, et proposer d’utiles modifications.Ils ajoutèrent enfin, relativement au délai fixé, qu’il était urgent d’enfinir au plus tôt, tant pour le repos de l'Allemagne que pour celui de l’Eu-rope . Cependant lesquatreEtalsapprobateurs ne s’expliquaientpas d'unemanière précise sur ce terme de deux mois. C’eût été compromettreleur dignité que de rappeler ce terme rigoureux, pour proposer de s’ysoumettre; mais c’était bien ce qu’ils entendaient dire, quand ils re-commandaient à leurs co-Etats d’en finir au plus tôt.
On aurait dû s’attendre à l’approbation de Mayence, puisque cet an-cien électorat ecclésiastique était seul conservé, et pourvu d’un revenud'un million de florins. Mais le baron d’Àlbini, représentant de l’arche-vêque électeur, homme d’esprit, fort adroit,souhaitant au fond du cœurle succès de la médiation, était fort embarrassé d’approuver en pré-sence de tout le parti ecclésiastique, un plan qui anéantissait la vieilleéglise féodale d’Allemagne , et de l’approuver uniquement parce quel’électorat de son archevêque était conservé. De plus, cet archevêquen’était pas complètement satisfait des combinaisons qui le concernaient.Le bailliage d’Aschaflenbourg, dernier débris de l'électorat de Mayence ,formait la seule portion de revenu qui lui fût assurée en territoire.Le reste devait lui être donné en assignations diverses sur les biensd’Église réservés, et pour cette partie du million promis, partie laplus considérable, car le bailliage d’Aschaffenbourg valait à peine troiscent mille florins, il n’était pas sans inquiétude.
M. d’Albini, pour Mayence, émit donc un avis assez ambigu, re-mercia beaucoup les hautes puissances médiatrices de leur interventionamicale, déplora longuement les malheurs de l’église germanique, etdistingua dans le plan deux parties, l’une comprenant la distributiondes territoires , l’autre les considérations générales dont le projet étaitiv. s