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LIVRE XV.
accompagné. Quant aux distributions de territoire, sauf les petitesindemnités, le ministre de Mayence approuvait les propositions despuissances médiatrices. Quant aux considérations générales, contenantl’indication des règlements à faire, il les trouvait insuffisantes, etnotamment les pensions du clergé lui paraissaient n'être pas assezclairement assurées. En cela il faut reconnaître que les observationsdu représentant de Mayence netaient pas dépourvues de raison.
Son avis ne contenait donc pas une approbation formelle.
Saxe demandait à réserver encore son vote , ce qui était fort enusagedans les délibérations de la dicte germanique. Comme on recueil-lait plusieurs fois les suffrages, on pouvait remettre à dire son opiniondans une séance postérieure. Cet Etat, fort désintéressé, fort sage,placé ordinairement sous l’influence de la Prusse, mais de cœur pré-férant l’Autriche , catholique d’ailleurs par la religion de son prince,quoique protestant par la religion de son peuple, éprouvait des scru-pules pénibles, partagé qu’il était entre ses affections et sa raison,ses affections qui parlaient pour la vieille Allemagne , sa raison quiparlait pour le plan des médiateurs.
Bohême, ordre Teutonique , étaient des lÉtats tout à fait autrichiens.Quant au premier, c’était convenu, puisque l’empereur était roi deBohême. Quant au second, c’était tout aus;si évident, puisque l’archi-duc Charles , frère de l’empereur, son généralissime, son ministre dele guerre, était grand maître de l’ordre Teutonique . On affectait àVienne et à Ratisbonne de mettre une différence entre le ministre deBohême, par exemple, et le ministre impérial. Le ministre de Bohême,représentant spécialement la maison d’Autriche , pouvait se livrer àl’ex-pressiondes passions de famille: aussi lui faisait-on dire les choses lesplus acerbes. Le ministre impérial, parlant au nom de l’empereur,affectait de s’exprimer plus gravement, et du point de vue des intérêtsgénéraux de l’empire. Il était moins vrai et plus pédantesque. M. deSchraut était ministre pourBohème, M. de Hugel pour l’empereur. Cedernier, formaliste des plus consommés, était d’ailleurs fort délié,comme beaucoup de ces Allemands qui avaient vieilli en diète, et qui,sous la pédanterie des formes, cachaient toute l’astuce des gens depalais. Quant au ministre du grand maître teutonique, c’était M. deRabenau, soumis en entier à la députation autrichienne, qui lui rédi-geait jusqu’à ses notes, au vu et au su de la diète ; rôle dont ceministre estimable souffrait beaucoup et se plaignait lui-même. M. de