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LIVRE XV.

Casse!, Orange-Nassau de ce qu’on annonçait pour le ci-devant duc deToscane , demandaient des suppléments que du reste on ne pouvaittrouver nulle part. Les occupations de vive force, continuées sans in-terruption, ajoutaient à la confusion générale. Le corps germanique setrouvait cxaclement dans l’état où avait été la France , sous l’assembléeconstituante, au moment de l’abolition du régime féodal. Le margravede Baden, qui héritait de Manhcim, autrefois propriété de la maisonde Bavière , était en conflit avec cette dernière maison pour une col-lection de tableaux. Des détachements de troupes appartenant aux deuxprinces avaient failli en venir aux mains. Pour compléter ce tristespectacle, l'Autriche , ayant sur une foule de terre en Souabe des pré-tentions d’origine féodale , faisait arracher les poteaux aux armes deBaden, de Wurtemberg, de Bavière , dans les diverses villes ou abbayesassignées à ces États par le plan des indemnités. Enfin la Prusse , saisiede l’évèché de Munster, ne voulait pas mettre en possession les comtesd’empire, copartageants avec elle de cet évêché.

Au milieu de ces désordres, l’Autriche , sentant qu’il fallait tran-siger, offrit d’adhérer immédiatement au plan des puissances média-trices, si on lui concédait la rive de l’Inn , moyennant l'abandon quelleferait à la Bavière de quelques-unes de ses possessions en Souabe .Elle proposa de nouveau à cette maison la ville d’Augsbourg , pour enfaire sa capitale. Elle demanda, en outre, la création de deux électeursde plus, dont l’un serait l’archiduc de Toscane , appelé à devenir sou-verain deSalzbourg, dont l’autre serait l'archiduc Charles, actuellementgrand maître de l’ordre Teutonique. A ces conditions, l'Autriche étaitprête à regarder ses archiducs comme suffisamment indemnisés, et à serendre au vœu des puissances médiatrices.

Le premier consul ne pouvait plus, après tout ce qui s’était passé àl’égard de Passau, amener la Bavière à céder la frontière de l’inn; etsurtout il lui était difficile de faire accepter à l’Allemagne trois élec-teurs à la fois, pris dans la seule maison d’Autriche, Bohême, Salzbourg ,ordre Teutonique. Il ne voulait pas enfin sacrifier la ville libre d’Augs-bourg . Il répondit que, disposé à demander quelques sacrifices à laBavière , il lui était impossible d’exiger la concession de la frontièrede l’Inn. Il insinua qu’il irait peut-être jusqu’à proposer à la Bavière l’abandon d'un évêché, comme celui d’Aichstedt, mais qu’il lui étaitimpossible d’aller au delà.

Le temps s’écoulait ; on était en vendémiaire (octobre), et le terme