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LIVRE XV.

Il ne fut rien dit sur l'ctat de la noblesse immédiate, qui était dansla plus cruelle anxiété, car la Prusse et la Bavière la menaçaient ouver-tement.

Enfin, le terme du 2 brumaire approchant, le nouveau projet fut misen délibération dans la députation extraordinaire. Brandebourg,Bavière, Hesse-Cassel, Wurtemberg, Mayence, l'approuvèrent. Saxe ,Bohème, ordre Teutonique , déclarèrent qu’ils le prenaient en considé-ration mais qu’avant de se prononcer définitivement, ils voulaientattendre la fin de la négociation entamée à Paris avec l'Autriche ; carautrement, disaient-ils, on s’exposerait à voter un plan qu'il faudraitmodifier ensuite.

La députation extraordinaire avait à émettre son vote définitif, et ilne restait que trois ou quatre jours pour atteindre le délai de deuxmois. 11 y allait de l’honneur des grandes puissances médiatrices d’ob-tenir l'adoption de leur plan dans le délai fixé. M. de Laforest et M. deBuliler, qui marchaient franchement d’accord, faisaient les plus grandsefforts pour que, le 29 vendémiaire(21 octobre), le conclusum fût défi-nitivement adopté. Ils rencontraient des difficultés infinies, car M. deIlugel répandait partout qu’un courrier de Paris , apportant de graveschangements, était attendu à chaque instant : qu’à Paris même ondésirait un retard. Il était allé jusqu’à menacer M. d’Albini, lui disantque, d'après un avis certain, des ordres devaient lui arriver de l’électeurde Mayence , pour désavouer sa conduite, et lui enjoindre de ne pasvoter. C’était ébranler l’une des cinq voix favorables, et jusqu’ici l’unedes plus fidèles. Ces menaces avaient été poussées si loin, que M. d'Al-bini s’en était offensé, et en était devenu plus ferme dans sa résolution.Par surcroît d’embarras, la Prusse venait, au dernier moment, decréer de nouveaux obstacles : elle voulait une rédaction qui la dispensâtde fournir, sur les biens réservés, sa part des 413,000 florins qui res-taient à trouver. Elle aspirait même à s’approprier certaines dépendancesdes biens ecclésiastiques enclavés dans ses États, et attribués à diversprinces par le plan d’indemnités. Elle avait, en un mot, mille préten-tions plus vexatoires, plus déplacées les unes que les autres, qui, sur-gissant d’une manière imprévue à la fin de la négociation, étaient denature à la faire échouer. Ce n’était pas le ministre de Prusse, M. deGoertz, personnage fort digne, rougissant du rôle qu’on lui faisaitjouer, c’était un financier qu’on lui avait adjoint, qui provoquait cesdifficultés. Enfin MM. de Laforest et de Buliler donnèrent une dernière