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de sa race, il semblait se prêter gracieusement à une sorte de compa-raison entre le pacificateur de la France et le pacificateur de Saint-Domingue.
Mais il avait prévu aussi la résistance, et toutes les mesures étaientprises pour la vaincre de vive force. Si on avait été moins impatientde profiter de la signature des préliminaires de paix, pour traverser la
que vous avez rendus, que vous pouvez rendre encore dans cette circonstance, avecles sentiments particuliers que nous avons pour vous, que vous devez être incer-tain sur votre considération, votre fortune et les honneurs qui vous attendent.
» Faites connaître au peuple de Saint-Domingue que la sollicitude que la France a toujours portée à leur bonheur, a été souvent impuissante par les circonstancesimpérieuses de la guerre ; que les hommes venus du continent pour l'agiter etalimenter les factions, étaient le produit des factions qui elles-mêmes déchiraientla patrie : que désormais, la paix et la force du gouvernement assurent leur pros-périté et leur liberté. Dites-lcur que si la liberté est pour eux le premier des biens,ils ne peuvent en jouir qu'avec le litre de citoyen français , et que tout acte con-traire aux intérêts de la patrie, à l’obéissance qu'ils doivent au gouvernement," etau capitaine général qui en est le délégué, serait un crime contre la souveraineténationale, qui éclipserait les services et rendrait Saint-Domingue le théâtre d'uneguerre malheureuse, où des pères et des enfants s'entr'égorgeraient
» Et vous, général, songez que si vous êtes le premier de votre couleur qui soitarrivé à une si grande puissance et qui se soit distingué par Sa bravoure et sestalents militaires, vous êtes aussi, devant Dieu et nous, le premier responsable deleur conduite.
» S’il était des malveillants qui disent aux individus qui ont joué le principalrôle dans les troubles de Saint-Domingue , que nous venons pour rechercher cequ’ils ont fait pendant les temps d’anarchie, assurcz-les que nous ne nous infor-merons que de leur conduite dans cette circonstance, et que nous ne chercheronsle passé que pour connaître les traits qui les auraient distingués dans la guerrequ’ils ont soutenue contre les Espagnols et les Anglais qui ont été nos ennemis.
« Comptez, sans réserve, sur notre estime, et conduisez-vous comme doit lefaire un des principaux citoyens de la plus grande nation du monde.
« Le premier consul, Bonaparte. »
Rien mieux que cette lettre ne prouve, ce me semble, les intentions bienveillantesqui guidaient Bonaparte dans ses vues sur Saint-Domingue . On a pu l’interpréterdans un autre sens et ne voir dans les paroles conciliantes du chef du gouverne-ment français que l’ixpression d’une profonde dissimulation, parce qu'il dérivaensuite de la ligne de conduite qu’il y indiquait, mais c’est un tort que l'on a eu.Ici, comme dans d’autres occasions, on s’est dispensé de tenir compte dos circon-stances et on n’a pas voulu admettre que les événements puissent changer la na-ture primitive et jusqu àla physionomie d'une question aussi importante que cellede la révolte des noirs de Saint-Domingue . En effet, quel était, quel devait être lebut de la mère patrie ? X'ctsit-il pas rationnel qu'elle cherchât à reconquérir sespossessions perdues pendant la guerre continentale, et Saint-Domingue était unede ces colonies : la constitution proclamée par Toussaint Louverlure ne consti-