RUPTURE DE LA PAIX DAMIENS.
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grave inconvénient, celui d’effrayer les noirs de Saint-Domingue sur lesort qui leurétait réservé. Du reste, les affaires de nos Antilles étaientaussi prospères qu’on pouvait l’espérer en aussi peu de temps. De toutesparis des armements se préparaient dans nos ports de commerce, pourrecommencer le riche négoce que la Fiance faisait autrefois avec elles.
Le premier consul, poursuivant sa tâche avec persévérance, avaittransporté sur le littoral les dépôts des demi-brigades servant aux co-lonies. Il y versait constamment des recrues, et profitait de toutes lesexpéditions du commerce ou de la marine militaire pour faire partirde nouveaux détachements. Il avait augmenté les crédits accordés à lamarine, et porté à 130 millions le budget spécial de ce département,somme considérable dans un budget total de 589 millions ( 720 si l’oncompte comme aujourd’hui). Il avait ordonné que 20 millions par anfussent consacrés en achats de matières navales dans tous les pays. Ilavait prescrit, en outre, la construction et la mise à l’eau de douzevaisseaux de ligne par an. Il disait sans cesse que c'était pendant lapaix qu’il fallait créer la marine, parce que pendant la paix le champdes manœuvres, c’est-à-dire la mer, était libre, et la voie des approvi-sionnements ouverte. « La première année d’un ministère, écrivait-il» à l’amiral Decrès , est une année d’apprentissage. La seconde de votre» ministère commence. Vous avez la marine française à rétablir :» quelle belle carrière pour un homme dans la force de l'âge, et» d’autant plus belle que nos malheurs passés ont été plus en évi-» dence! Remplissez-la sans relâche. Toutes les heures perdues, dans» l époque ou nous vivons, sont une perte irréparable. » ( 14 fé-vrier 1803.)
Des Indes et de l’Amérique l’active pensée du premier consul s’étaitreportée sur l’empire ottoman , dont la chute lui semblait prochaine, etdont il ne voulait pas que les débris servissent à étendre les possessionsrusses ou anglaises. Il avait renoncé à l’Égypte tant que les Anglais res-pecteraient la paix ; mais si la paix était rompue par leur fait, il setenait pour libre de revenir à ses premières idées, sur une contréequ’il regardait toujours comme la route do l’Inde . Au surplus, il neprojetait rien dans le moment; son intention était seulement d’em-pécher que les Anglais profitassent de la paix pour s’établir auxbouches du Nil. Un engagement formel les obligeait à sortir de l’Égypte sous trois mois ; or il y en avait douze ou treize de la signature despréliminaires de Londres , sept ou huit de la signature du traité