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LIVRE XVI.

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d’Amiens, et ils ne semblaient pas disposés encore à quitter Alexandrie .Le premier consul fit donc appeler le colonel Sébastiani , officier douéd'une rare intelligence, lui ordonna de s'embarquer sur une frégate,de parcourir les bords de la Méditerranée, d'aller à Tunis, à Tripoli ,pour y faire reconnaître le pavillon de la république italienne , de serendre ensuite en Égypte, d’y examiner la situation des Anglais et lanature de leur établissement ; de chercher à savoir combien cet établis-sement devait durer; d’observer ce qui se passait entre les Turcs etles mameluks; de visiter les cheiks arabes, de les complimenter en sonnom ; d'aller en Syrie pour voir les chrétiens, et les remettre sous laprotection française ; d’entretenir Djezzar-Pacha , celui qui avait dé-fendu Saint Jean-d’Acre contre nous, et de lui promettre le retour desbonnes grâces de la France, s'il ménageait les chrétiens et favorisaitnotre commerce. Le colonel Sébastiani avait ordre enfin de revenir parConstantinople pour renouveler au général Iirune, notre ambassadeur,les instructions du cabinet. Ces instructions enjoignaient au généralBrune de déployer une grande magnificence, de caresser le sultan, delui faire espérer notre appui contre ses ennemis quels qu’ils fussent,de ne rien négliger en un mot pour rendre la France imposante enOrient.

Quoique fort occupé de ces lointaines entreprises, le premier consulne cessait pas de donner tous ses soins à la prospérité intérieure dela Fi ance. Il avait fait reprendre la rédaction du code civil. Une sec-tion du conseil d’État et une section du tribunat se réunissaient jour-nellement chez le consul Cambacérès , pour résoudre les difficultésnaturelles à cette grande œuvre. La réparation des routes avait étépoursuivie avec la meme activité. Le premier consul les avait distri-buées, comme nous avons dit, en séries, de vingt chacune, reportantsuccessivement des unes aux autres les allocations extraordinaires quileur étaient consacrées. L’exécution des canaux de l’Ourcq et de Saint-Quentin n’avait pas été interrompue un instant. Les travaux ordonnésen Italie , tant ceux des roules que ceux des fortifications, continuaientd'attirer l'attention du premier consul. Il voulait que si la guerremaritime recommençait et ramenait la guerre continentale, l'Italie fûtdéfinitivement liée à la France par de grandes communications et depuissants ouvrages défensifs. La possession du Valais ayant facilitél’exécution du grand chemin du Simplon, cette étonnante création setrouvait presque achevée. Les travaux de la route du mont Cenis avaient