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RUPTURE DE LA PAIX D’AMIENS.

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atténuer à propos ces exagérations, et furent écoutées avec fruit, quoi-qu’il blessât les sympathies nationales. D'ailleurs, bien qu’on fût mé-content, alarmé de notre grandeur, on ne voulait pas encore la guerre.Le parti Grenville et Windham s’était compromis par sa violence.M. Fox s’était honoré en prêtant appui au cabinet. On le croyait rap-proché du pouvoir par cette conduite toute nouvelle. On prétendaitqu’il devait renforcer bientôt ce faible ministère, qui avait joué dansles débats un rôle médiocre et incertain, approuvant ce qui se disaitpour la paix, sans oser le dire lui-même. Du reste, l’adresse proposéeen réponse au discours de la couronne fut votée sans amendements ;les subsides furent votés de même. Pour un certain temps, les mi-nistres parurent sauvés^ ce qui plaisait à M. Afldington, quoiqu’il fûtpeu ambitieux, et ce qui plaisait bien davantage à lord Ilawkesbury,qui tenait beaucoup plus que M. Addington à rester ministre. Cetteespèce de succès disposait ces deux hommes d’Élat à de meilleures re-lations avec la France , car ils voulaient la paix, sachant bien qu’ilsn'étaient venus qu’avec la paix, et qu’ils s’en iraient avec elle. Effecti-vement, au premier coup de canon, M. Pitl ne pouvait manquer d’êtreappelé par toutes les classes de la nation à prendre les rênes du gou-vernement.

L’affaire suisse finie avec sagesse, avec promptitude, avait fait dis-paraître le grief principal, et lord Hawkesbury avait demandé que l’onfit partir pour Londres l'ambassadeur de France , le général Andréossy,offrant de faire partir pour Paris lord Withworth, ambassadeur d’An-gleterre. Le premier consul s’y prêta volontiers, car, malgré quelquesmouvements de colère excités dans son âme par la malveillance britan-nique , malgré les images d’une grandeur inouïe qu’il entrevoyaitquelquefois comme suite delà guerre, il était encore tourné tout entierà la paix. En le provoquant, en l’irritant, on le portait sans doute à sedire qu’après tout la guerre était sa vocation naturelle, son origine,sa destinée peut-être ; qu’il savait gouverner d’une manière supérieure,mais qu'avant de gouverner il avait su combattre ; que c’était là saprofession, son art par excellence; et que si Moreau avec les arméesfrançaises était arrivé jusqu'aux portes de Vienne , il irait bien audelà. Il se répétait trop souvent ces choses, et, dans ce moment, eneffet, de singulières visions s’offraient quelquefois à son esprit. Ilvoyait des empires détruits, l’Europe refaite, et son pouvoir consulairechangé en une couronne, qui ne serait pas moins que la couronne de