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CAMP DE BOULOGNE.

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immense latitude. Il lui était prescrit, au premier signe d'une insur-rection dans les Calabres , de les quitter pour se jeter sur la capitale duroyaume. Ayant déjà conquis Naples une première fois 1 , il savait mieuxque personne comment il fallait s’y prendre.

Le premier consul fit en outre occuper Ancône, après avoir donnéau pape toutes les satisfactions qui pouvaient adoucir ce désagrément.La garnison française devait payer exactement ce qu’elle consommait,ne troubler en rien le gouvernement civil du saint-siège, même l’aiderau besoin contre les perturbateurs, s’il y en avait.

Les ordres avaient été envoyés en même temps pour l’invasion duHanovre . Les négociations de la Prusse étaient demeurées sans succès.L’Angleterre avait déclaré quelle bloquerait l’Elbe et le Weser, si ontouchait aux États de la maison de Hanovre , qu’on y employât desPrussiens ou des Français . C’était certainement la plus injuste des pré-tentions. Qu’elle empêchât le pavillon français de circuler sur l'Elbe etle Weser, rien n’élait plus légitime ; mais qu’elle arrêtât le négoce deBrcme et de Hambourg, parce que les Français avaient envahi le ter-ritoire au milieu duquel ces villes se trouvaient enclavées, qu’elle exigeâtque l’Allemagne entière bravât la guerre avec la France pour les intérêtsde la maison de Hanovre , et quelle la punit d’une inaction forcée, endétruisant son commerce, c’était la conduite la plus inique. La Prussefut réduite à se plaindre amèrement de l'injustice d’un tel procédé, et,en définitive, à souffrir le pavillon britannique aux bouches des deuxfleuves allemands, comme la présence des Fi ançais au sein du Hanovre .Elle n’avait plus le même intérêt à se charger de l’occupation, depuisque son commerce devait être dans tous les cas frappé d’interdit. Lepremier consul lui fit exprimer ses regrets, lui promit de ne pasfranchir la limite du Hanovre , mais s'excusa de cette invasion sur lesnécessités de la guerre, et sur l’immense avantage qu’il y avait pourlui à fermer aux Anglais les deux plus grandes voies commerciales ducontinent.

Le général Mortier eut ordre de marcher en avant. Il s’était trans-porté avec 25,000 hommes, à l'extrémité nord de la Hollande, surla frontière du bas-évêché de Munster, appartenant, depuis les sécula-risations , à la maison d’Aremberg . On était assuré du consentementde cette maison. On passait de chez elle sur le territoire de l’évêché

1 Ce fut le général Campionet qui conquit Naples en CïOS. Le généra! Gcuvion-Saint-Cry se trouvait à cette époque à l’armée du Rhin. (F. W.)