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CAMP DK BOULOGNE.

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sultats que nous fait espérer la descente en Anglelerre? » Mais c’était lachance la plus défavorable que celle d une rencontre avec la croisièreanglaise. Restait toujours la chance de passer par un calme qui para-lysât l’ennemi , par une brume qui lui dérobât la vue de notre flot-tille ; et enfin la chance plus rassurante encore d'une escadre française,apparaissant tout à coup dans le détroit pour quelques heures.

Quoi qu'il en soit, ces bâtiments avaient assez de force pour se dé-fendre , pour aborder un rivage et le balayer, pour ôter à l’ennemitoute idée d’une escadre de secours, pour donner confiance aux soldatset aux matelots chargés de les monter. Cependantlls présentaient desinconvénients tenant à la forme même de leur construction. Ayant, aulieu d’une quille profondément immergée, un fond plat qui pénétraitpeu dans l’eau, portant de plus une assez forte mâture, ils devaientavoir peu de stabilité, s’incliner facilement sous le souffle du vent, etmême chavirer, s’ils étaient frappés par une rafale subite. C’est ce quiarriva une fois, dans la rade de Brest, à une chaloupe cononnière mallestée. L’accident eut lieu sous les yeux de l’amiral Ganteaume , qui,saisi de crainte, en écrivit sur-le-champ au premier consul. Mais cetaccident ne se reproduisit pas. Avec des précautions dans la manièrede distribuer les munitions qui leur servaient de lest, les bâtiments dela flottille acquirent assez de stabilité pour supporter de gros temps;et il ne leur arriva d’autre malheur que celui d’échouer, ce qui étaitnaturel, en naviguant toujours le long des côtes, et, ce qui était engénéral volontaire de leur part, dans le but d’échapper aux Anglais .Dq reste, la marée suivante les remettait à flot, quand ils avaient étéobligés de se jeter à la côte.

Ils offraient u n inconvénient plus fâcheux, celui de dériver, c’est-à-dire, de céder aux courants. Ils le devaient à leur lourde structure ,qui présentait plus de prise à l’eau que leur mâture n’en présentait auvent. Cet inconvénient s’aggravait, lorsque , privés de veut, ils mar-chaient à la rame, et n'avaient que la force des rameurs pour com-battre la force du courant. Dans ce cas, ils pouvaient être emportésloin du but, ou, ce qui est pire, y arriver séparément ; car, étant deformes différentes, ils devaient subir une dérivation inégale. Nelsonl’avait éprouvé lui-même, lorsqu'on 1801 il attaqua la flottille de Bou-logne. Ses quatre divisions, n’ayant pu agir toutes en même temps,ne firent que des efforts décousus. Un semblable défaut, fâcheux danstoute mer, l’était davantage encore dans la Manche, où régnent deux