CONSPIRATION DE GEORGE.
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la domination des prêtres ; quand on avait institué la Légion d’hon*neur, il avait crié au rétablissement de l’aristocratie, et enfin il avaitcrié au rétablissement de la royauté quand on avait constitué le con-sulat à vie. Il avait fini par ne plus se montrer chez le chef du gouver-nement, et même chez aucun des consuls. Le renouvellement de laguerre eût été pour lui une occasion honorable de reparaître aux Tui-leries , pour offrir ses services, non pas au général Bonaparte, mais àla France . Moreau , peu à peu entraîné dans ces voies du mal, où lespas sont si rapides, avait considéré, dans cette rupture de la paix, beau-coup moins le malheur du pays, qu’un échec pour un rival détesté, ets’était mis à part, pour voir comment sortirait d’embarras cet ennemiqu’il s’était fait lui-mème. II vivait donc à Grosbois, au milieu d’uneaisance, juste prix de scs services, comme aurait pu faire un grandcitoyen, victime de l’ingratitude du prince.
Le premier consul s’attirait des jaloux par sa gloire ; il s’en attiraitaussi par sa famille. Murat, qu’il avait refusé longtemps d’élever aurang de son beau-frère, qui avec un excellent cœur, de l’esprit naturel,une bravoure chevaleresque., se servait quelquefois très-mal de toutesces qualités, Murat, par une vanité qu’il dissimulait devant le premierconsul, mais qu’il montrait librement dès qu’il netait plus sous les yeuxde ce maître sévère, Murat offusquait ceux qui, étant trop petits pourenvier le général Bonaparte, enviaient au moins son beau-frère. Il yavait donc les grands jaloux, et les petits. Les uns et les autres segroupaient autour de Moreau. A Paris , pendant l’hiver, à Grosbois,pendant l’été, on tenait une cour de mécontents, où l’on parlait avec uneindiscrétion sans bornes. Le premier consul le savait, et s’en vengeait,non pas seulement par le progrès constant de sa puissance, mais aussipar des dédains affichés. Après s’être imposé longtemps une extrêmeréserve, il avait fini par ne plus se contenir, et il rendait à la médiocritéses sarcasmes, mais les siens étaient ceux du génie. On les répétait, aumoins autant que ceux qui échappaient à la société de Moreau.
Les partis inventent les brouilles qui n’existent pas, afin de s’enservir ; à plus forte raison se servent-ils, vite et perfidement, de cellesqui existent. Sur-le-champ on avait entouré Moreau. A entendre lesmécontents de tous les partis, il était le général accompli, le citoyenmodeste et vertueux. Le général Bonaparte était le capitaine imprudentet heureux, l’usurpateur sans génie, le Corse insolent, qui osait ren-verser la république, et monter les marches du trône déjà relevé. Il