I I VISE XVIII.
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avec Napoléon , comme ils s’étaient comportés avec la révolution ,faisaient tourner du bien au mal, de la modération à la violence celuiqui, jusqu'à ce jour, n’avait été qu’un sage à la tête de l’État. Lesroyalistes , qu’il avait tirés de l’oppression ; l’Europe , qu’il avait es-sayé de vaincre par sa modération, après l’avoir vaincue par son épée ;tout ce qu’il avait, en un mol, le plus ménagé , il était disposé à lemaltraiter maintenant, en actes et en paroles. C’était une tempête ex-citée dans une grande âme par l’ingratitude des partis et l'imprudentemalveillance de l’Europe .
Une profonde anxiété régnait dans Paris . La terrible loi portéecontre ceux qui recèleraient George, Pichegru et ses complices, n'avaitfait naître chez personne la basse résolution de les livrer ; mais per-sonne aussi ne voulait leur donner asile. Ces malheureux , que nousavons laissés désunis , déconcertés par leurs divergences , erraient lanuit, de maisons en maisons, payant quelquefois six à huit millefrancs la retraite qu'on leur accordait seulement pour quelques heures.Pichegru , M. de Rivière, George, vivaient dans d’affreuses perplexités.Ce dernier supportait courageusement sa situation , habitué qu ilétait aux aventures de la guerre civile. D’ailleurs il ne se sentait pasabaissé ; il avait compromis autour de lui tout ce qu’il y avait de plusauguste, et il songeait seulement à se tirer de ce mauvais pas, commede tant d’autres dont il était sorti heureusement, par son intelli-gence et son courage. Mais ces membres de la noblesse française , quiavaient cru que la France , ou tout au moins leur parti, allait leur ou-vrir les bras, et qui ne trouvaient que froideur, embarras ou blâme,étaient désolés de leur entreprise. Ils sentaient mieux maintenantl’odieux d’un projet , qui ne s’offrait plus sous les couleurs déce-vantes que l’espérance du succès prête à toutes choses. Ils sentaientl’indignité des relations auxquelles ils s’étaient condamnés, en s in-troduisant. en France avec une troupe de chouans. Pichegru , quià des vices déplorables joignait certaines qualités, le sang-froid,la prudence , une haute pénétration , Pichegru voyait bien qu’aulieu de se relever de sa première chute, il était tombé dans le fondd’un abîme. Une première faute commise quelques années auparavant,celle d’accepter de coupables relations avec les Condé, l’avait conduità devenir un traître, puis un proscrit. Maintenant il allait être trouvéparmi les complices d’un guet-apens. Cette fois il ne resterait plusrien de la gloire du vainqueur de la Hollande ! En apprenant l’arres-