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n’étant à craindre pour la France que dans le cas d’un grand revers.Quant à l’Angleterre , M. Fox une fois mort, le parti de la guerredésormais triomphant avait résumé ses prétentions dans des proposi-tions inacceptables, telles que de concéder les îles Baléares, la Sicile et la Dalmatie aux Bourbons de Naples, c’est-à-dire aux Anglais eux-mêmes, propositions que lord Lauderdale , sincère ami de la paix, sou-tenait méthodiquement, et avec une naïve ignorance des intentionsvéritables de son cabinet. Napoléon ne voulut pas le congédier brus-quement, mais il lui fit adresser une réponse qui équivalait à l’envoide ses passe-port. Il prescrivit ensuite une communication au sénat,dans laquelle seraient exposées les longues négociations de la France avec la Prusse, et la triste conclusion qui les avait terminées. Ilordonna néanmoins de différer cette communication jusqu’à ce que laguerre fût irrévocablement déclarée entre les deux cours. Cependant,comme il fallait motiver son départ de Paris , il fit annoncer que dansun moment où les puissances du Nord prenaient une attitude mena->çante, il croyait nécessaire de se mettre à la tête de son armée, afind’être en mesure de parer à tous les événements. Il tint un dernierconseil pour expliquer aux dignitaires de l’empire leurs devoirs et leurrôle, dans les divers cas qui pouvaient se présenter. L’archichancelierCambacérès , l’homme auquel il réservait toute sa confiance, mêmequand il laissait à Paris ses deux frères Louis et Joseph, devait la pos-séder bien davantage quand il n’y laissait pas un seul des princes desa famille. Napoléon lui confia les pouvoirs les plus étendus, sous lestitres divers de président du sénat, de président du conseil d’État, deprésident du conseil de l’empire. Junot, l’un des hommes les plusdévoués à l’empereur, avait le commandement des troupes cantonnéesdans la capitale. Il ne restait à Paris que les femmes de la familleimpériale. Encore Joséphine, effrayée de voir Napoléon exposé à denouveaux dangers, avait-elle demandé et obtenu la permission de lesuivre jusque sur les bords du Bhin. Elle espérait, en s’établissant àMayence, être plus tôt et plus fréquemment informée de ce qui luiarriverait. Outre le gouvernement de l’empire, l’archichancelier deva iavoir celui de la famille impériale. Il lui était prescrit de conseiller etde contenir les personnes de cette famille qui manqueraient en quelquechose, ou aux convenances, ou aux règles tracées par l’empereur lui-même.
Napoléon partit dans la nuit du 24 au 25 septembre, accompagné